Aller voir La Femme en concert c’est prendre un sacré coup de vieux. Deux sacrés coup de vieux, en réalité. D’abord, les quatre biarrots qui composent le groupe sont péniblement majeurs. Allez, 20 ans à tout péter. En mangeant du Weetabix à heure fixe. Idem pour le public, prétendument drogué, moulé dans des tenues fluo. Ensuite, parce que les ressemblances avec Indochine (synthé façon jouet, mini-guitare électrique, coupes au bol peroxydées), remuent nos cœurs usés, élevés à l’aventurier trois fois par semaine.

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Les années 1980 continuent d’influencer la nouvelle scène. Et avec La Femme, la récup sonne bon. Les textes, travaillés, assez sinistres (comme dans Amour dans le motu), contrastent parfaitement avec l’humeur disco des sonorités. La chanteuse a tout de la nymphette lubrique proprette. Suffisamment d’aplomb en tout cas pour remuer tranquillement sur scène en tenant la pochette de l’album, photo close-up d’un sexe de femme. Mention spéciale pour le morceau Antitaxi, ironique à souhait. Ce qui passe bien dans ce groupe, même si ca nous fait mal de l’avouer, c’est leur fraicheur insolente.

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Trois bonnes raisons d’écouter La femme ? La pochette de leur album. Les délires slam du claviste. Leurs premières vidéos, plutôt réussies. On aime aussi la vitalité littéraire de leurs fans sur myspace : « (Vous êtes) la nouvelle figure psycho-culturo-sexuelle qui va démortifier nos couillettes nécrosées ».

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La femme vient de se faire défleurer par le label 3rd Side Records. Ils joueront, pour terminer leur tournée aux US, le vendredi 18 février au Widowspeak (285 Kent avenue, Brooklyn).

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Sa-de.

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