« shooter un mannequin est quand même plus épanouissant que shooter un mauvais écrivain au café de Flore » a

Photographe originaire d’Annecy, Bastien Lattanzio signe aujourd’hui la photographie de Deyrolle pour Opening Ceremony. Déshabilleur de jolies femmes, chasseur de sincérité, Bastien a décidé de prendre le temps de raconter des histoires d’images. Et de rêve. Mouvement Beatnik, cuisine,  Lolita Jacobs, … nous aimerions que les inspirations de Bastien soient les nôtres.

 

People Are Strange : Comment t’es-tu retrouvé dans la mode ?

Bastien Lattanzio: Par envie de création, je pense. J’étais assez frustré de faire des photos d’artistes en 15 minutes pour des magazines qui passaient commande, j’avais envie de créer un univers, de raconter une histoire et de prendre le temps. Passer une journée chez Deyrolle ou dans un désert pour shooter un mannequin est quand même plus épanouissant que de shooter un mauvais écrivain au café de Flore ! Et puis la mode permet d’évoquer des rêves sans les réaliser… a

PAS : « Rétro-chic épuré », c’est un qualificatif qui colle à ton univers artistique ?

B. L. : Catégoriser est un peu réducteur, mais « épuré » me correspond certes bien. Plus dans l’idée d’ailleurs, que dans l’image a proprement parler. J’aime évoquer une chose assez simple, dans une image complexe.

 

PAS : Quel est le photographe que tu admires le plus ?

B. L. : J’aime beaucoup Jurgen Teller, Mcginley et Mark Borthwick et aussi les travaux photos de Cyprien Gaillard. Mais je n’essaye pas de tout connaître car je n’aime pas être trop influencé.

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PAS : Qui sont tes muses ?

B. L. : Je n’ai malheureusement pas encore trouvé de muse. C’est dur de trouver quelqu'un qui me corresponde, qui me fasse confiance sans poser de question, qui soit prête à tout donner, son image, son temps, sa pudeur. J’ai parfois cru trouver ma muse chez des femmes qui partageaient ma vie. La femme que j’ai le plus pris en photo est mon amie Lolita Jacobs ; je n’ai pas forcement besoin de lui demander de faire telle ou telle pose, elle sait exactement ce qu'il faut faire, c’est assez agréable. C’est Lolita qui pose pour les photos de Deyrolle pour Opening Ceremony.

a PAS : Comment mets-tu à l’aise tes modèles ? Leur donnes-tu beaucoup de consignes ?

B. L. : J’essaie de les mettre en confiance, en leur faisant ressentir qu'elles sont importantes pour moi. Je fais des blagues, je leur propose à boire ou à manger. Mais je ne suis pas un stakhanoviste de l’indication pendant le shoot. Je préfère briefer les modèles avant.  Je ne suis pas le genre de photographe qui crie "chin down" à tout bout de champ !

  PAS : L’objet que tu rêves de photographier ?

B. L. : Prendre des objets en photo n’est pas une obsession. Par contre, en ce moment j’ai envie de renouer avec la photo de paysage, de retourner les pays de l’est et traquer les bâtiments et Eglises Orthodoxes. a

PAS : Le courant artistique auquel tu aurais aimé appartenir ?

B. L. : Comme le disait Yves Saint Laurent, "j’aurais aimé être beatnick".

 

PAS : Le charme, ça tient à quoi ?

B. L. : Le charme tient à très peu de choses évidement : la démarche, le port de tête, le sourire bien sûr… Mais plus que tout -et même si c est un peu cliché- le regard détermine l’aura d’une personne, son intelligence, sa sincérité. En tout cas, la vulgarité et l’arrogance ôtent tout charme à n’importe quelle jolie fille. aa

PAS : Si tu n’étais pas photographe, tu serais quoi ?

B. L. : Probablement cuisinier. J’adore manger et j’adore cuisiner pour ceux que j aime. Finalement, quand on y réfléchit, la cuisine et la photographie ont le même rapport au processus de création.

La photo n’est pas un art où la création  est totale. C’est un mélange d’ingrédients, d’ustensiles et de techniques. Les paramètres sont quasi infinis : le choix du modèle, le choix du stylisme, le choix du lieu, du thème, de l’appareil, de l’objectif…

Deyrolle pour Opening Ceremony Photo, vidéo et motifs : Bastien Lattanzio

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Contacts Bastien Lattanzio :

http://www.bastienlattanzio.com/ http://bastienlattanzio.tumblr.com/