« Koudlam et Sébastien Tellier ont des univers artistiques absolument fascinants ».

The Shoes

Vincent Arbelet, portraitiste hors pair, court les festivals de rock. Ses portraits donnent à voir des artistes dans une représentation basculante : ils prennent la pose attendue mais leur fragilité affleure. Son art, viscéral et minutieux, traque l’inclassable. Au besoin, avec la lumière du jour et de la nuit.

Pas de doute, Vincent Arbelet sait ce qu’il fait. Et son côté « chouette type » ne gâte rien. Notre chroniqueuse LeChienPoney l’a côtoyé aux Eurockéennes et me tape sur la main : « chouette type », le concernant, serait un sale euphémisme.

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People Are Strange : Pourquoi la photographie?

Vincent Arbelet : Quand j’étais adolescent, mon père avait un agrandisseur pour tirer ses photos dans le garage. Plus tard, j'ai joué dans un groupe de rock, on avait besoin de visuels, c'est parti comme ça. Mes premières photos étaient donc des photos de groupes.

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PAS : Comment partages-tu ton temps entre commandes et projets personnels?

V. A. : J'essaye de toujours garder du temps pour les projets personnels qui sont vitaux pour moi. C'est une question de balance, mais les commandes peuvent parfois déboucher sur des projets et inversement. Cela permet d'éviter les redites et de rester en éveil.

The Cockandbullkid
PAS : Quelles contraintes suppose l'art du portrait?

V. A. : Les contraintes sont nombreuses et la difficulté est de trouver une vérité dans le portrait dans un temps souvent limité. L'idéal est de trouver la juste combinaison entre la lumière, l'environnement, le temps et la disponibilité du sujet. Parfois on arrive à cet instant presque magique, à d'autres moments, il faut être réactif et s'adapter.

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PAS : Ton pire souvenir de festival backstage?

V. A. : L’attente de la séance photo - sans être sur qu’elle viendra - est pénible lors des festivals. Parfois les séances sont épiques... Je me souviens lors du festival Génériq de ma rencontre avec les rappeuses de Yo Majesty : c'était juste avant leur concert, elles menaçaient de ne pas jouer pour une sombre histoire de cash, l'une d'entre elles m'a fait savoir que je devais faire "la photo qu'elle voulait que je fasse" et que je n'avais pas le droit à la parole. C'était plutôt tendu. J'ai commencé à faire ce qu'elle voulait, et au fil des minutes, tout le monde s'est détendu et j'ai fais toutes les photos que je voulais. A la fin, elle ne me laissait plus sortir de la loge, elle voulait encore d'autres photos. Donc c'est plutôt un bon souvenir avec le recul.

Le Prince Miaou
PAS : Photographier des artistes, n'est-ce pas aussi se couper des réalités?

V. A. Je pense surtout que me couper des artistes, m'empêcherait de voir la réalité ...

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PAS : Si tu devais suivre un seul groupe en tournée, lequel choisirais-tu?

V. A. : Les Beastie Boys, en 1992. Sinon actuellement Koudlam ou Sébastien Tellier, ces mecs ont des univers artistiques absolument fascinants et inclassables !

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PAS : Qui sont tes mentors en photographie?

V. A. : William Klein, que j'ai eu l'honneur de rencontrer et de photographier. Sinon  Glen E. Friedman, qui a photographié les débuts des grands mouvements culturels alternatifs américains, du Skate à Dogtown avec Tony Alva et Stacy Peralta, au hip hop avec les débuts du label Def Jam. Une référence !!!

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PAS : Où te trouve-ton le lundi matin à 9h?

V. A. : Le plus souvent chez moi en editing photos. C'est le matin que je suis le plus efficace face à un ordinateur...

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PAS : Si tu devais prendre une photo pour illustrer PEOPLE ARE STRANGE des Doors ?

V. A. : Difficilement réalisable aujourd'hui, mais je choisirais un portrait de Jim Morrison, dans la Sniffen Court 36th Street à New York, où la photo de la pochette de l'album "Strange Days" à été prise.

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Beach Fossils
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Foals
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Justice
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Stromae
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The Drums
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Veronica Falls
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Woods
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Jonjo Feather
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Crédits photos Vincent Arbelet

www.vincentarbelet.com

Propos recueillis par Sa-de.