New Album Review: The Rip Tide Par M.L.B a

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En 2006, voyait le jour Gulag Orkestar, point de départ de l’œuvre pèlerine du pas même vingtenaire Zach Condon. Fruit d’escapades en Europe de l’est, d’amours avouées pour le folklore musical tapissant les Balkans et souvent le vieux Paris, et de songeries d’insomniaque romantique, tournées vers des étendues imaginaires inexplorées, l’album préludait un style rare et singulier. Celui d’un métissage émérite de folk: l’américaine, dans le bain de laquelle grandit le natif du Nouveau-Mexique; l’orientale, la cible exotique, sous le giron de laquelle il s’épanouit en tant que musicien.

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Dans ce registre bohème où nombre de ses contemporains péchaient par un altermondialisme caricatural et outrancier, Zach et son orchestre - bien nommé Beirut- offraient à leurs fanfares avinées pertinence et teneur. Orphéon de cuivres et de cordes roulés dans une poussière teintée de désirs d’autre part, de lieux rêvés, de romances lointaines. De cette formule, s’en est éprise une Madeleine proustienne un peu amnésique, mais fidèle- elle ne quittera jamais Beirut-, parmi tant d’efforts, sur The Flying Club Cup (2007) et March Of The Zapotec/Holland (2009).

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Sur The Rip Tide aujourd’hui, Zach fait peau neuve. Hormis pour son entrée en jeu familière et trompeuse ( le pas moins réjouissant Candle’s Fire ), le musicien est allé chercher dans les greniers de son enfance, à Santa Fe, un clavier écho à son passé électronique (l’époque des Magnetic Fields). Le la est donné: l’heure est à l’épure. Fini le vagabondage des trompettes. Beirut est dépoussiéré, ses chansons débroussaillées de leurs branches bringuebalantes, sa production passée par quelque raffinerie. Pour un disque propre et pop.

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Ce sont trente minutes d’instantanéités. De chevrotements vocaux sur le rythme appuyé de East Harlem à l’immense vulnérabilité cousue sur Goshen. Du maritime Payne’s Bay, ses scènes de départ, au Vagabond en goguette.

Courbette spéciale pour The Rip Tide, qui aurait pu être jouée par un orchestre de chambre… à coucher ! Tant ses courbes mélodiques fortes de grandeur sont contenues par une boite à rythme rudimentaire, insufflant proximité et personnalité au morceau.

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Un album cuivré, actuel et automnal.

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