Par M.L.B

a

a

"Cause no one wants to die alone". Par une terrible évidence, Bradford Cox -l’état civil d’Atlas Sound- hissait Sheila en point d’orgue de l’immense Logos. Un disque rare, précieux, dont on pensait pouvoir dompter les perles pop en quelques écoutes. Mais qui pareil à un mirage, ne cessait de s’étirer vers quelque mystère lorsqu’on frôlait du doigt ses espaces impalpables. À l’image de My Halo, Attic Light ou encore Walkabout - où Noah Lennox brode son ramage d‘ange fou-, qui sont autant de moments de proximité insaisissable que l’on s’échine encore à explorer.

a

Onze titres arachnéens comme parcelles d’une seule nef sonore, se dérobant à la temporalité à la faveur de fissures ambient impénétrables et belles. C’était en 2009, ce qui aurait de quoi fossiliser un album sous les strates de la sédimentation en fast motion propre à notre époque 2.0. Pourtant Logos n’a pas défraichi, et brille comme sur sa pochette.

a

En mâtinant ses partitions ésotériques de garage céleste, Parallax s’inscrit aujourd’hui dans la lignée de son prédécesseur et dans celle d’Halcyon Digest, le chef d’œuvre signé Deerhunter et dont Cox est l’éminent meneur de jeu. Chansons à guitares sont enrobées de cliquetis, de sonorités ventousées, de souffles astraux et légion d’effets vrillés. Paradoxalement, plane dans cet océan de bizarreries bruissantes un silence ineffable. Comme Te Amo, Terra Incognita et Parallax, où mélodies bouclées enlacent l’éther en esquissant des quadrilles cosmiques.

a

Par ailleurs, Atlas Sound galvanise ses airs alambiqués, façonne une trame pop immédiate sans altérer la singularité cinoque dans laquelle il excelle. De l’électricité fragile d’Angel is Broken à l’alacrité ailée de Lightworks. Bradford Cox est cet alchimiste des textures et des ambiances, au génie résidant dans l’aptitude à changer le plomb du rock en or des étoiles. L’ascèse personnelle et artistique d’un homme -frappé par un mal incurable- dont la créativité s’aiguise et s’élève à mesure qu’approche l’inéluctable échéance.