Par Marc Louis Bonomelli

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Après se l’être donné en péninsule ibérique, les New-yorkais de The Babies, recueillant en leur sein une Vivian Girl et un bassiste échappé de Woods, déplient pour un soir leur valise lo-fi colorée à Toulouse.  Une première en France pour le quatuor. Une première en beauté.

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The Babies étaient programmés, un lundi de novembre, au Saint Des Seins par Lachatte Alavoisine. Derrière l’interlope des airs graveleux dont se parent de telles dénominations se cachent un bar - pour le premier - et une association culturelle - pour la seconde. En toutes bonnes mœurs et licéité.

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Quand il n’abrite pas de globe-trotters mélodistes en tournée, le troquet jouxtant la Garonne n’a pas moins de quoi plastronner. Carrefour de contre-cultures et lieu de passage obligé du mélomane se dérobant aux cannons du mainstream et au diktat racoleur des ondes FM. Dans la bien nommée ville rose, c’est peu ou prou le rôle salvateur que l’on octroie au Saint des Seins. Faute de mieux.

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Le bar se remplit dès lors que déboulent les Skinny Minnies, assurant l’ouverture du raout indie. Ce trio de gars du coin - que l’on découvre à même les planches - révèle vite son attrait pour les accords immédiats sur rythme catchy. Un creuset ordonné où se bousculent la poigne du punk et l’hédonisme des 60’s. Comme si tout ce que Wavves a fait de plus pop se faisait polir ses angles cradingues par l’entreprise d’un Georges Harrison œcuménique. Enième plus un emprunt aux Beatles certes, mais racé et minutieux. Le groupe indigène suscite son écho auprès d’un public diapré. Fusent les « c’est vraiment sympa », les « trop cool » et autres « moi ça me plait beaucoup ». Savoir transmettre sa vision d’un héritage musical d’outre manche juste le temps de vider l’écume de nos pintes entre nos lèvres. Et sans glisser dans une barbante nostalgie. C’était habile les gars.

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L’automne est doux à Toulouse cette année. On avachit nos minutes à tirer sur nos cibiches et à gentiment cailleter en attendant que la tête d’affiche ne pointe le bout de son nez. Comme on l’a dit, The Babies est un super quartette comptant Cassie Ramone (Guitare et chant) des Vivian Girls et Kevin Morby (basse) de Woods dans ses rangs. Additionnés d’un batteur géant et d’un chanteur guitariste aux bouclettes d’or.

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Ils arrivent en trottinant, légers. Avec aplomb et tout sourire, ils amorcent leurs premières notes chamarrées. D’entrée de jeu, Shangri-Las et Ronettes s’y profilent savoureusement. Comme sur ce son si chaudement enluminé. Cette proximité de feu de cheminée que l’on ne retrouve pas sur enregistrement, ôtés sur les vinyles que l’on aime à  quêter dans les (vide) greniers. Les New-Yorkais tissent à merveille cette ambiance, même jusque dans leurs traces de gadoue lo-fi. Gaité du cœur et batterie fanfaronne (Meet me in the city). Psychédélisme fleuri et guitares badines ( Voice like thunder). Les partitions se fardent aussi de senteurs de sous-bois -l’apport de Woods à n’en pas douter. Le tout a beau être électrique, le fond des airs sont ligneux. Des velléités de road-trip sur Breakin the Law à la ballade forestière Sick Kid.

a Sunset, Run Me Over, ou encore All Things Come Pass sont autant d’hymnes à la félicité lorgnant vers les paysages 60’s de l’Amérique. Dans un registre jamais défraichi, conjuguant des influences quarantenaires au présent du jouissif.

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Les trombines de l’auditoire dodelinent de concert avec les mélodies chaloupées. On voyage loin vers l’ouest, sans décrocher à sa quatrième chopine. On s’est laissé aller un lundi oui. Mais on est si bien, bercé de chaleur et d’ailleurs.