Par T. D.

Zut, il pleut tout le temps en ce moment. Profitons-en pour parler littérature.

Lorsque l’on m’a suggéré de lire "le dernier David Lodge", je me suis tout de suite dit à moi-même : "ah non alors, tu ne vas pas mettre ton dernier chèque livre dans un roman sur des universitaires qui ne pensent qu’à forniquer entres eux et qui connaissent leur planning vacances jusqu'en 2016." Oui, je suis comme ça moi, je catalogue, je range dans des boîtes et après avoir lu quatre Lodge, je me suis dit : « ok, il fait toujours la même chose ». C’est vrai qu’on ne lui en veut pas trop parce qu’il est drôle. Mais force est de constater qu’il fait toujours la même chose. Et pourtant, voilà qu’il ne fait plus la même chose.

Un homme de tempérament, son dernier roman, est une biographie. L’erreur dans le catalogage, outre de cataloguer en soi, est qu’on ne revient presque jamais sur ce que l’on croit admis. Mais les choses changent et les écrivains surprennent. En résumé : que c'est beau la vie.

Rétrospective :

En 2005, D. Lodge écrit L’Auteur ! L’Auteur !, ouvrage consacré à Henry James, dans lequel il fait parler l’artiste en difficulté face à l’absence de reconnaissance du public. Un peu comme Cindy Sander, injustement incomprise au sein de l’art lyrique.

En 2007, l’œuvre de D. Lodge continue sa transformation et l’auteur vieillit. A l’instar de P. Roth et dans la continuité de Thérapie (2004), Lodge nous offre La vie en sourdine (dont le titre original est Deaf sentence, jeu de mot entre death et deaf) un roman sur la vieillesse. Le cadre de l’Université est toujours présent, certes, mais exit la promesse d’un renouveau et la robustesse des corps, place à la raison vacillante et à la décrépitude. Grosso modo, D. Lodge se pose la même question que Manao.

En 2012, voici Un homme de tempérament, biographie de H. G. Wells, écrivain entre autre de La guerre des mondes et de L’homme invisible. Ici, Lodge relate sur 700 pages et sur un ton entendu les liaisons amoureuses de ce pratiquant de "l’amour libre".

Seulement 700 pages c’est dense. C’est beaucoup. C’est trop. C’est beaucoup trop. Effectivement, j’étais très forte en fiche lecture au collège, comment tu sais ? Au fil du livre, on se met rapidement à regretter l’auteur de Jeu de société et d’Un tout petit monde. Je dirai même qu’on s’endort sur ce livre tous les soirs sans malheureusement arriver à son terme. Et quand je dis "on" je ne parle effectivement que de moi, et alors ? Alors, certes, le changement c'est maintenant et c’est bien, mais il est temps, David, d’arrêter les (auto)biographies pour reprendre la route toute tracée de tes romans un peu superficiels et inouïs d’humour.

Parce que tu me manques, Parce qu’Annie Cordy chante Ya kasiti, Parce que l'espace c'est le néant,

En somme, parce que D. Lodge fait toujours la même chose mais qu’il le fait bien.