Par LagrandeAgathe

Cet été sur les plages, Lili-la-tigresse et Pocahontas déterrent la hache de guerre. De Palavas-Les-Flots au Touquet, en passant par les spots de Biarritz, les pin ups des sables arboreront haut et fort leurs couleurs pour régner sur la vase et les bigorneaux.

Néo-vestales gnangnans,  Lara Crofts en goguette et autres princesses à tresses rivaliseront d'ingéniosité et d'accessoires pour attirer les regards comme autant de cornes de brumes par gros temps. Imaginez un peu les pauvres veaux marins complètement tiraillés au milieux de ces sirènes...

Bref, que vous ayez pris une location sur l'île d'Ouessant ou que vous restiez cloué au macadam parisien : si vous n'avez pas de tresses cet été c'est un peu comme si vous étiez mortes.

Origines du phénomène ?

Des amazones guerrières qui coupaient leurs poitrines, mais gardaient leurs tignasses, jusqu'à la princesse de tonton Grimm qui jetait sa longue natte pour faire monter son amant dans sa tour : le fantasme collectif veut que la féminité incarnée s'exprime dans une crinière épaisse, mais maîtrisée! Ou plutôt « maîtrisable » : parce que nos amis les garçons aiment bien ce qui s'attrape. La natte rassure le mâle et lui offre une prise en main facile et efficace.

Qui sait, peut être que la tresse « poney » dégage des phéromones aux effets in-contrables par la gent masculine..? Slow motion, la tigresse sort des flots et secoue sa lourde natte ruisselante : tel un teckel, elle s'ébroue. La plage, hypnotisée, retient son souffle.

C'est pour vivre ce mythe, que la modeuse 2012 s'inflige la natte. Pour attraper du triton, pour rentabiliser la semaine en demi-pension à l'hôtel des Flots Bleus, pour montrer que même en trikini elle sait rester branchée, connectée à la tribu virtuelle de celles-qui-savent. Les filles à tresses c'est un peu comme une communauté de routier, ça Klaxonne quand ça se croise sur l'A6.

Ainsi, l'ado des beaux quartiers qui a répété son tressage tout l'hiver et nous présentera sa longue « natte poisson », saura repérer l'étudiante en Lettres Modernes, la tête couronnée d'une large tresse : hybride entre Heidi et Frida kahlo. Au stand Mr freez avec sa team de blancs becs en jean-slims noirs (par 33°C), elle snobera (avec envie) la jeune maman et son bébé stylé. Sous son parasol Laura Ashley, Mme 30 ans poussera le style à l'extrême avec une natte haute bien serrée en mode Steph de Monac' époque « Comme un ouragan ».

Espérons pour nos nymphettes que le must have de la rentrée sera le Jackson Five. Parce qu'après deux mois de nattes dans l'eau salée, le lissage brésilien pourra prendre sa retraite anticipée.