Par Sal Moriarty

L’hyperactif Ty Segall propose un nouvel opus garage punk : Slaughterhouse. Il y a moins d’un an, ce jeune californien nous offrait des ballades low-fi avec l’album Goodbye Bread. Depuis, on l'a aussi vu avec White Fence pour l’excellent Hair. On aurait pu imaginer qu’après ce dernier opus il ressentirait une certaine fatigue.

Le voici entouré de Mikal Cronin, Charlie Moothart et Emily Rose Epstein.

Ty Segall nous avait prévenus : son prochain album serait « Harder and Louder ».

Il n'y a pas eu tromperie, Slaughterhouse est un déluge de hurlements, fuzz, et larsens. Il est d’une efficacité redoutable. Les morceaux, globalement courts, maintiennent une tension permanente. Seul Wave Goodbye, montre un léger ralentissement, car le titre est plus axé rock psyché. Néanmoins, l'enchaînement sur Muscle Man, piste la plus courte de l’album, permet de faire remonter la tension - celle-ci atteignant son apogée avec The bag in me et Diddy Wah Diddy (les deux titres les plus punk de l’album).

Le déluge se termine avec Fuzz War, un morceau instrumental de 10 minutes dédié au fuzz, larsens et autres distorsions.

Cet album imbibé de garage punk ne laisse pas reprendre son souffle. Bien que punk, l'album n’en reste pas moins mélodieux. Ty Segall avait déjà montré sa capacité à créer de belles mélodies sur Goodbye Bread.

Slaughterhouse, avec son esprit très Stooges, mérite sa place dans les discothèques des amateurs de garage punk. Cette année, Segall a gravé son nom sur le tableau indé avec deux excellents opus. Il n'est pas près de se reposer : un nouvel album devrait sortir en octobre…