Par Sal Moriarty

Un néo hippie peut en cacher un autre.

En 2009, Devendra Banhart abandonnait sa barbe et ses cheveux longs, ainsi que son style néo folk, pour s’orienter vers une musique plus pop. Le leader du mouvement néo folk délaissait son trône.

Au même moment, Alex Ebert renaissait de ses cendres sous le nom d’Edward Sharpe, alter ego créé durant sa thérapie, entreprise après une rupture amoureuse.

D’après Ebert, Edward Sharpe serait un héros venu du ciel pour sauver les hommes. Oui je sais, moi aussi cette histoire m’en rappelle une autre...

Alex Ebert se transforma donc en Edward Sharpe et s’entoura d’une troupe de musiciens, The Magnetic Zeros. En 2009 sortie l’excellent Up From Below, dont le single Home fit fureur chez nos amis américains. Up from Below était une ode à l’hédonisme et à la joie, un retour dans l’esprit des années 60…

En 2011, Erbert marqua une pause pour se consacrer à son album solo, Alexander. Album malheureusement assez inégal, mais dont le single utilisé dans plusieurs spots publicitaires vous rappellera peut-être quelque chose.

Cette année, Edward Sharpe and The Magnetic Zeros ont décidé de renouveler l’aventure. La sortie d’un deuxième album est toujours un moment fatidique, celui du renouveau dans la continuité. La bonne nouvelle, c’est que Here reste dans le même esprit que l’album précédent ; pour la nouveauté en revanche, on repassera. Contrairement à Up From Below, Here il ne possède pas de véritable ligne directrice et sonne par conséquent brouillon, jusqu’à Here peut donner l’impression d’être une compilation de B-sides de l’album précédent.

Néanmoins, les fans du premier album devraient y retrouver leur compte. En effet, on retrouve les ingrédients du succès de Up From Below : du gospel, des chœurs et de la pop acidulée. De plus, esprit hippie oblige, cet opus respire la bonne humeur et la festivité, et distille nombre de « Love » à chaque titre. Les morceaux sont musicalement très riches, les instruments utilisés toujours aussi divers ; de l’accordéon au banjo en passant par le didgeridoo.

Here est  un album similaire à Up from Below, et devrait plaire aux jeunes néo hippies et aux nostalgiques des sixties. Au contraire, l’album devrait en agacer certains, asphyxiés par les Love et God à tout va.

Edward Sharpe and The Magnetic Zeros nous ont promis deux albums cette année, il faut espérer que le prochain opus sera moins inégal, et que le groupe parviendra à se renouveler.