Par LagrandeAgathe

Faites venir des verts pâturages de l'Île d'Albion cette tendance bucolique et tendre qui ravira les coeurs de nos doux adolescents : j'ai nommé la basket-à-talon-intégré, la fraîche et candide partenaire des lycéennes pré&post-pubères.

Quoi de plus élégant que l'association subtile du caoutchouc coquille d'oeuf aux imprimés fluos de la vague néo-léopard? Comment résister au cri suave du scratch dont le déchirement lascif sonne comme autant d'appels fauves à la reproduction? Comment continuer de vivre une existence « à plat » lorsque l'on peut courir « debout »? Parce que vous ne verrez jamais plus votre complet jogging sweat-shirt de la même façon, rendez-vous à l'évidence : il vous faut des baskets à talons.

Idéale à la ville comme en biathlon, la basket-à-talon (inspirée des plus glorieux modèles orthopédiques de ces cinq dernières décennies) rend grâce à notre féminité en ouvrant devant elle les portes d'un univers radieux : vivre sa vie de figurante pour Nicki Minaj (fonctionne aussi avec Beyoncé pour les classiques). Allez zou on s'active! On s'équipe et on customize sa paire de runneuses compensées à notre image. Que vous soyez Gotho-punk, hippie-baroque ou classique-à-frange il y a une basket pour vous. Le tout est de savoir chercher.

Ce n'est pas sans émotion que je vois EN FIN la décennie 2010 ériger en totem un alias incontestable de son temps. C'est avec prestige que la basket-à-talon vient rejoindre le walk of fame  des trente dernières années : le pattes d'eph' des 70's, le rimmel bleu et les épaulettes de Sue-Ellen en 1980, le bombers et les Caterpillar des années 90 et la ballerine monochrome 2000. Disons-le franchement : on a eu chaud.