Par Gaëtan Minet

Groupe : Beak>

Album : >>

Label : Invada Records

Si vous ne connaissez pas déjà Beak>*, vous connaissez au moins sa tête pensante Geoff Barrow puisqu’il s’agit également de celle de Portishead (avec Beth Gibbons) et si vous avez eu le bon goût d’écouter l’album très réussi de Quakers sorti il y a quelques mois, vous savez probablement déjà qu’il en a aussi la fière paternité. Le peu de ressemblance entre les trois groupes (Quakers donne dans le hip hop) laisse d’ailleurs songeur devant l’étendue apparemment sans borne des capacités du sieur.

Le premier album de Beak> sorti en 2009 pêchait par manque d'homogénéité, la deuxième moitié faisant la part belle à la face expérimentale et parfois dissonante du groupe. Foin de toutes ces imperfections ! Voilà l'improbable album qui réussit la prouesse de rendre accessible (à garder cependant à distance raisonnable des adolescents trop tourmentés) une musique décomplexée (mais complexe), enracinée dans le krautrock et le rock expérimental sans se départir d’une indéniable et singulière identité.

On n'est pas loin d’un Radiohead sur le titre *Spinning Top* mais sans aller plus avant dans la ressemblance, la musique de Beak> restant surtout caractérisée par une atmosphère glaçante (dans la famille post-punk j’appelle la Coldwave), des boucles hypnotiques entêtantes et des plages instrumentales qui ne sont pas sans rappeler les excellents londoniens de Blackfilm**.

Un disque potentiellement éprouvant pour les moins avertis mais qui récompense chaque écoute au-delà de toute attente !

* beak.bandcamp.com ** blackfilm.bandcamp.com