LagrandeAgathe

Mercredi 17 octobre c'était le lancement de la FIAC 2012 au Grand Palais : THE raout arty-trendy où chacun vient voir et être vu. Sur le calendrier mondain on est dans le top 3, la FIAC étant à l'événementiel-chouette ce que Pâques est aux enfants (après Noël et le jour de l'an). Et comme pour tout grand événement in de la capitale, l'enjeux était surtout d'y être avant tout le monde, de faire partie de la crème qui sirote nonchalamment du Ruinart dans la grande nef. Et pour ce qui est des oeuvres... bah on lira le compte rendu de Télérama pour briller dans les dîners.

Mais en vrai, la FIAC, c'est quoi?

Mercredi 17 octobre 2012, 17h30, votre correspondante fait le pied de grue devant l'entrée H histoire de prendre la température. Sur la droite : une queue interminable de parapluies colorés s'agite. La masse s'indigne de poireauter depuis des heures. Ce sont les « invités ». Franchement, ça donne envie de fréquenter des galeristes! Lorsqu'un boulanger vous offre ses pains au choc' invendus, le galeriste vous feinte avec un joli carton d'invitation estampillé FIAC. Sur le papier, le second l'emporte haut la main. Mais c'est au moment de la consommation que tout s'éclaire : tandis que le quidam (ami du boulanger) se tape une bonne viennoiserie en fin de journée, le mi-mondain qui a raqué 15 000€ pour une fraise géante en papier mâché, se retrouve à piétiner sous la pluie devant le Grand Palais.

Un peu plus loin vers la gauche, ce sont les semi-VIPs. À ce stade je n'ai pas bien compris s'il s'agissait des accrédités ou de gens mieux placés sur l'échelle de quidam à Ministre de la Culture. Ici pas de file d'attente, juste une succession de modeuses sur-lookées et de bloggeurs arty en monstration. Enfin, au niveau de la Rotonde se trouve le saint Graal : l'entrée VIP (l'histoire vous apprendra qu'il en existe deux en vérité. La seconde se trouvant près de l'entrée pour l'expo Hopper). En ce qui me concerne je ne me situe nulle part.

Je rôde entre les files, je cherche du VIP, une performance artistique, une manif' improvisée, une flashmob,... Quelque chose à raconter quoi. À mon grand damne, la seule (d)ébauche artistique du macadam est réduite à deux types saucissonnés dans de l'adhésif jaune et mauve. Dur.

20h45, à l'Ouest toujours rien de nouveau. Je remballe.

L'histoire de la FIAC aurait pu tourner court si je n'avais eu rendez-vous un peu plus tard au rond point des Champs Élysées avec ma meilleure amie (la précision de son rang est indispensable si je ne veut pas me faire déshériter à la parution de ce papier).

Bref, il est maintenant 21h45 et je retrouve ma pote dans la gadoue du rond point. Je remarque au passage que le rond point a été rebaptisé Marcel Dassault. J'ignore si c'est le goût du risque ou l'acharnement qui nous a poussées vers l'entrée VIP (côté Hopper) du Grand Palais, mais comme dit l'adage : on a vu de la lumière et on a voulu entrer. 21H50, nous voici en haut du perron face au vigile, le mec en rouge. J'ignore quel éclair de génie nous a traversé, mais nous voilà en train d'inventer une histoire de portable perdu dans la nef centrale. À grands renforts de pleurs et de supplications, vos deux comédiennes se retrouvent en plein vernissage de la Fiac, Ruinart à l'appui !

Telles les Leonardo DiCaprio de Catch me if you Can, nous trinquons avec de jeunes galeristes enthousiastes et des collectionneurs, nous croisons la nièce du peintre Alfred Manessier, jouons au chat et à la souris avec le service de sécurité, papotons à côté de l'acteur fétiche de Klapisch Zinedine Soualem quand j'évite de peu mon ancien patron près d'un Mickey-manga géant à moitié autopsié.

Bilan de l'opération FIAC : infiltration réussie. Pour ce qui est de la grande tendance artistique 2012, mis à part l'omniprésence des néons... je dirais qu'il n'y en a pas. Ce qui est plutôt rassurant, non?

Murakami s'est fait plaisir...

J'ai découvert un philosophe...

Et Jardiland a enfin obtenu un stand cette année !

Photo Nicolas Milhé, Le Retour à la nature