Artiste : The XX Album : Coexist Label : Young Turks / XL
Par Gaëtan Minet

Comment passer du miracle à la désillusion ? Demandez à The XX. Et pourtant la recette n’a, en apparence, pas changé : on nage toujours dans le bain d’une indie pop froide et minimaliste sous l’alternance mixte des voix de Romy Madley Croft et Oliver Sim qui continuent à vous susurrer à l’oreille plus qu’à chanter à pleins poumons.

S’appuyant sur cette recette a priori convenue, ces jeunes anglais d’une vingtaine d’années avaient accouché en 2009 d’un album d’une puissance mélodique troublante, faisant l’effet d’une caresse profonde et apaisante. Mais comment s’imaginer qu’un titre touché par la grâce comme Crystalised soit l’œuvre des mêmes musiciens que ceux qui font défiler ici des morceaux où rivalisent monotonie et paresse créative ?

Alors certes, une reconversion en musique d’ambiance pour accompagner vos ébats amoureux (ceux des humeurs suaves et langoureuses, à proscrire pour tout coït bestial et insoumis) est tout à fait indiquée. Mais se faire reléguer dans la catégorie des groupes d’écoute passive est un déshonneur.

Quand un groupe se hasarde sans honte à servir une soupe si fade, on ne peut manquer de soulever la question dérangeante de la conscience qu’ont les artistes de la qualité* de leur propre travail. Et si le premier album était davantage un coup de chance qu’un coup de génie ?

* Le bon goût universel reconnu en ces pages exonère de toute prise de recul sur une potentielle divergence de point de vue (cette sombre hypocrisie de goût et de couleurs, …)