Par Gaëtan Minet
Artiste : Allah-Las Album : Allah-Las Label : Innovative Leisure

Le principal risque avec Allah-Las est celui de passer à côté. Et on vous comprendrait (en fait non, mais c’est important de faire croire qu’on est proche des lecteurs) car rien ne semble a priori justifier qu’Allah-Las sorte du lot (faux : ça sent le tube à tous les étages mais on a dit qu’on respectait le lecteur).

Du garage rock qui vit dans un passé au confluent des années 60 et 70, vous auriez des raisons (pourtant non, toujours pas, mais je réexplique pas) de passer votre chemin en laissant ça à des vieux nostalgiques d’une époque dont on ne fera que plagier piteusement les gloires passées.

Cela s’avèrerait cependant une bien grossière erreur (il fallait bien que la vérité éclate) tant il serait intellectuellement malhonnête de tarir d’éloges devant ce qui n’est rien de moins qu’une des belles révélations de l’année ! Les quatre californiens ont formé le groupe en 2008 et sa recette efficace ne nous fait pas regretter la durée de gestation de ce premier album : des mélodies implacables, une âme de surf music et un groove relaxant.

Au vu de la foule qui s’est pressée de bonne heure aux portes de la Bellevilloise le 5 décembre pour leur (très bon) concert parisien en première partie de Nick Waterhouse*, il sera contestable de prétendre vous faire découvrir un bijou obscur gardé jalousement des connaisseurs, mais cela ne devrait pas vous empêcher de profiter d’un disque qui n’a pas fini de tourner.

* Nick Waterhouse qui a d’ailleurs produit cet album