Par Paola

En ces temps de crise économique et sociale sans précédent dans notre pays, il est temps de se pencher aujourd'hui sur une crise d'une toute autre dimension: la crise culturelle et iconographique qui sévit sur la toile et sur le PAF. En 1954, on avait des mecs comme Boris Vian qui chantait "Le déserteur" en se jouant de la censure. En 1982, on pouvait voir des Renaud et des Professeur Choron s'insurger en direct contre la disparition d'un Charlie Hebdo, ou encore en 1984, un Gainsbarre bien allumé brûler un Pascal sur le plateau de TF1.

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Hier à peine, l'abbé Pierre disait : « Que ceux qui ont faim aient du pain ! » Aujourd'hui Nabila vomit: "Que ceux qui ont des cheveux aient du shampoing" Et ça, ça me donne envie de devenir tricotylomane sur le champ et de tous me les arracher un par un (les cheveux, pas le shampoing).

"ALLO?" non mais oui, ALLO BORDEL DE MERDE!

On va où là?! Je sais que ce cher Andy, depuis sa Factory outre-atlantique avait prédit que tout le monde aurait son quart d'heure de gloire un jour. Et ce jour est bel et bien arrivé. Mais quand le sale quart d'heure de célébrité, tout grotesque et insensé soit-il dure plus d'un mois, ça me colle un peu la nausée. Même en étant dépourvue de télévision et complètement out en matière de télé-réalité, il m'a pourtant été impossible, comme vous tous, de passer au travers des mailles du filet. Ce filet aux effluves de morue déshydratée qui vous emprisonne les neurones et vous empoisonne la vie au quotidien.

Batman gifle Nabilla

Aujourd'hui, je ne peux pas ouvrir internet sans voir Nabila, cet ange déchu de la télé-nullité, en première de couv'. On nous la sert à toutes les sauces: Nabila fait un clip, Nabila se crêpe le chignon avec sa voisine de table, Nabila fait caca, Nabila a perdu un de ses nichons en se penchant à la fenêtre... non mais AU SE-COURS. Plutôt être chauve que de continuer dans cette pente savonneuse qu'est le nivellement par le bas.

C'est vrai quoi, on cite les participants de ces émissions comme s'ils étaient les nouvelles icônes culturelles alors qu'ils savent à peine faire sujet-verbe-complément. Devenus philosophes d'un jour à la parole sacrée, véritables vitrines incarnées de notre société, on les déifie alors qu'ils mériteraient seulement qu'on les frappe à grand coups de Bescherelle. Et encore j'aurais de la peine pour mon Bescherelle. C'est comme si on voulait que les Platon, les Voltaire et les Sartre fassent des triples vrilles dans leur boîtes en sapin au rythme endiablé du dernier générique à la mode.

Un peu comme si les documentaires animaliers de la 5 avaient progressivement été remplacés par ces télé-réalités putrides et nauséabondes. Sur ces plateaux cloisonnés aux allures de prisons dorées, et sous des millions d'yeux assoiffés de connerie, une faune décérébrée se surpasse chaque jour un peu plus, pour atteindre avec brio le point de non-retour en matière de putasserie. La recette est simple: ouvrez la poubelle, raclez-en le fond, saupoudrez de cocaïne coupée au Doliprane 1000 et recouvrez le tout d'une bonne dose de diarrhée verbale. Secouez bien, puis porter les nerfs à ébulliton. Et ding! c'est prêt! Voici la misère intellectuelle personnifiée dans toute sa splendeur. Autant dire qu'on a les icônes qu'on mérite! Ca fait réfléchir n'est-ce pas?

Alors par pitié: fermons les vannes! Un quart d'heure et pas plus, avait prescrit le maître du Pop Art. Au delà c'est l'overdose! Rendons-nous nous-mêmeS une dignité cérébrale. Arrêtons de faire du buzz aux buzz sur ce genre de pollutions audiovisuelles.