Par Marc Bonomelli

Les Nuits Sonores réunissent cette année à Lyon plus d'une centaine de formations et artistes. Aux côtés de stars vespérales de l'acabit de Laurent Garnier, Fritz Kalkbrenner, Jamie xx et maints fleurons, se blottissent têtes fraiches et discrets visages. Prétexte pour exalter les qualités de quelques-uns de ces derniers. Avec des mots et des images.

Anika Anika

En ses hautes heures, Nico, la belle émaciée des 60's, a fait cabrer la banane du Velvet Underground. Sans pulpe. Plusieurs décennies après, feu l'égérie de Warhol continue d'émettre ses échos. Dans la voix d'Anika, non moins blonde, mais pas plus teutonne, elle trouve un corps pour chanter encore. Sans mélodies ajoutées : les psalmodies vibrées par ces cordes vocales en effet s'adressent aux grâces des enfers. Pas un rayon, pas un filet d'air ne s'échappent des grognes d'Anika. De journaliste politique, celle-ci devient l'associée de Geoff Barrow, en prêtant ses vocalises à son groupe Beak. Et l'intendant de Portishead de produire, galvanisé par la vision de la musique qu'il partage avec elle, l'éponyme et premier album de la jeune femme.

Un recueil de reprises que l'oreille débutante ne reconnaitra qu'à grand-peine, tant la production, vrai marécage en centre urbain, dévoie les originales – du Master of War de Dylan au Yang Yang de Yoko Ono. Anika tantôt marmonne, tantôt pleure sans larmes ses plaintes moribondes. Au milieu de rythmes dub au cambouis, où vasouille quelque limaille post-punk à la rouille. Le nouvel EP, autre écrin à covers, refile le tétanos à des titres de Chromatics, des Crystals, de Shocking Blue ou des Kinks.

JEUDI 09 MAI 17H00 – 17H45 LES SUBSISTANCES RED BULL MUSIC ACADEMY STAGE