L'oeuvre complète de Gordon Parks, exposée à Arles, réexpédie illico presto les mauvaises langues dans leurs fourreaux.

L'artiste américain, photographe de mode dans le Chicago des années 30, est le premier reporter noir à intégrer l'équipe permanente du magazine Life. Il réalise en Alabama un reportage poignant sur la ségrégation.

Le contraste black&white atteint son paroxysme : les femmes noires et leurs filles, pimpantes et pulpeuses, sont habillées selon la dernière mode des blanches. Les familles de noirs font la queue dans les files d'attente, en salivant sur une vie de blanc-bec bien rangée.

Pour la première fois en France, cette série est présentée avec l'exposition Une histoire américaine, dans le cadre du festival Les Rencontres d'Arles.

Egalement cinéaste, Gordon Parks utilise sa caméra ou son appareil photo comme une arme. Une arme aiguisée qui tranche net sur le racisme, les discriminations et les gangs. Doté d'un esprit terriblement vif, passionné de musique, Parks a réalisé le célèbre film Les nuits rouges de Harlem (Shaft) en 1971, un classique intemporel dont la bande originale ne prendra jamais une seule ride.

Crédits photographiques : Gordon Parks Foundation Les Rencontres d'Arles : le site

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