Le Palais des Beaux Arts de Lille accueille Ernest Pignon-Ernest, précurseur de l'art urbain, incendiaire d'oeillères et artiste farouchement engagé.

Ernest Pignon commence à sillonner le globe dans les années 70. Jamais au hasard, il braque le projecteur sur les nombreuses chimères qui agitent notre société "antipodaire". De Nagasaki à Johannesburg, de Paris à Alger, Pignon râpe ses semelles, la nuit, de murs en cabines téléphoniques pour réhabiliter le réel.

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Ernest Pignon puise dans l'histoire des lieux lacérés par les conflits, rentre avec fracas dans la machine infernale, et intègre ses oeuvres dans l'architecture urbaine. L'artiste, traînant de ruelles en collections permanentes poussiéreuses, s'inspire d'oeuvres classiques dont allégories et symbolismes, entre paganisme et christianisme, ravivent une mémoire collective encrassée.

L'exposition Mémoire du corps interroge plis et recoins du visage, courbes et sinuosités du charnel, pour confronter temps historique et temps en soi. Pignon compose un catalogue de poses à partir de modèles emblématiques, dont on peut retrouver tous les détails, explicites ou dissimulés, dans notre quotidien.

Pignon s'est inspiré de quatre oeuvres du Palais, d'époques et d'artistes différents, d'après lesquels il tire une typologie d'expressions qui transfigurent l'humain dans toute sa splendeur. Les multiples étapes de conception sont soigneusement présentées : oeuvres d'origine, études préparatoires et croquis, dessins ou sérigraphies à taille humaine et photographies des oeuvres à même la rue.

L'exposition Mémoire du corps est à visiter jusqu'au 2 septembre 2013.

Crédits photographiques : P.A.S. droits réservés Ernest Pignon-Ernest

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