Par Helmut Kohl

Oui les amis, ça n’a pas pu vous échapper. Le peuple de France est de retour à la maison et c’est bientôt la rentrée : rentrée sociale, rentrée politique, rentrée littéraire, rentrée des classes. Et que tu le veuilles ou non, toi aussi tu vas te la prendre en pleine face.

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Parfaitement. La rentrée, ce concept très français, né de la mauvaise conscience d’être parti si longtemps au pays des vacances. Elle existe bel et bien, et elle arrive à grands pas. Si tu prêtes l’oreille, elle gratte déjà à ta porte avec sa longue robe noire et sa grande faux, et elle appelle… « Kikoo les connards ! ».

Certains lui ouvrent et la font rentrer, d’autres hurlent de terreur et se cachent sous le lit. Acceptation pour les uns, déni pour les autres : « hein ? Quoi ? Quelle rentrée ? Ca n’existe pas, c’est un truc de beaufs, de parents, de capitalistes ». Alors que faire… l’ignorer ? Ou la regarder droit dans les yeux et lui faire un high five ?

Les premiers ont déjà commencé à faire son lit : ils font des listes, des todo lists, des retroplannings, au travail et à la maison ils changent les meubles de place, ils prennent des résolutions : s’inscrire à la salle de sport, monter un groupe de rock, ouvrir un restaurant. « Cette fois-ci, on le fait vraiment, on a trop perdu de temps ! ».

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Les seconds ont baissé les rideaux et ont verrouillé la porte à double tour : ils repartent une semaine dans le Lubéron, se barrent tous les week-ends du mois de septembre, ou alors ils organisent des apéros pour débriefer l’été. Et c’est à ces derniers que je m’adresse, à ces brebis égarées qui tentent de quitter le troupeau : on n’échappe pas au cycle de la vie. It’s the circle of life.

Oui, c’est la fin, et c’est terrifiant. Quitter ce monde merveilleux où le soleil brille, où la terre ruisselle de lait, de miel et de rosé Sidi Brahim, où l’amour se vit à l’air libre, à l’improviste et à plusieurs… Mais réveillez-vous les grands : la vraie vie est ailleurs. Et à celui qui me demanderait « elle est où alors ? », je répondrais avec sévérité : certainement pas dans ton cul.

La vie, elle est à la maison, et elle t’attend sur le pas de la porte, tel un vieux mari qui se néglige. Oui, c’est comme ça, et on n’y peut rien. Alors voilà ce qui nous reste les amis : conserver religieusement et au plus profond de nous ce monde, cette enclave, ce refuge qui s’appelle les vacances, et s’en souvenir un peu les soirs d’hiver. Et pis j’ai une bonne nouvelle : on n’a jamais été aussi proche que maintenant… des prochaines vacances d’été.

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