Par Jehanne Crétin-Maitenaz

Vous aurez peut être entendu cet été le titre « A winter in the sun » du groupe Hypnolove, un tube jugé plutôt frais par la critique. Il nous revient brulant cet hiver avec un clip des plus lascif. Et ça fait zizir, ça fait rigoler, ça nous décontracte un peu la colonne, bref ça se regarde comme du petit lait chaud. « Winter in the sun » c'est une mélodie attrape-coeurs aux résonances exotiques et finement interprétée par Findlay Brown. Prenez donc quelques minutes pour une petite ballade sur les claviers funky et les bidouillages électro des trois compères. Adouci par une basse groovy, le titre extrait de leur dernier album « Gohst Carnival » (2013) n'en est que plus fondant.

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C'est dans cet esprit caressant que le clip a été imaginé par Mathieu Tonetti, auteur des vidéos de Sebastien Tellier ou encore Phoenix. Réalisé en split screen – ou écran divisé – les images mises en parallèles nous renvoient au kitch des films à suspens (cf« L'affaire Thomas Crown » de Norman Jewison). Dans une ambiance libidineuse de telenovelas, le clip entrecroise des scènes sexplicites vintages et des images tout à fait instructives sur la fabrication de condoms. C'est d'ailleurs ce petit étui de latex la source du quiproquo et d'une histoire d'adultère presque universelle.

>>Clip:

Le trio loufoque composé de Thierry Moreira, Nicolas Sentenac et Henning Specht est basé à Toulouse, mais ses origines sont éparpillées en France, en Allemagne et au Portugal. Hypnolove se distingue par l'absence de frontière géographiques ou musicales : on retrouve dans ses production l'influence de la techno berlinoise, la nostalgie funky, le disco et ses accointances post-punk comme dans le single « come to my empire »(2013). Une subtile mixture rehaussée dans ses albums par des sons d'instruments classiques (violon, harpe, cor français, clavecin). Comme quoi, tout est bon dans les vieux sons ! L'univers interstellaire et déjanté du groupe transparait dans de superbes textes ironiques et narquois rappelant l'autodérision de Sebastien Tellier. « Simple, Classic, Beautiful » nous promet le premier titre de l'album « Gohst Carnival » telle une baseline publicitaire désuète et rouillée. Le second degré est le maitre mot du chanteur Thierry Moreira, qui ressemblerait presque au folâtre Alexi Taylor, la voix de Hot Chip.

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Pas d'hyperactivité pour Hypnolove, qui a engendré seulement deux albums en sept ans. Mais les coups sont bien placés et les références sont là. Le premier album, Eurolove (2006), marqué par la pop synthétique des années 1980, frôle le coup de maître avec un single, Mademoiselle. Le dernier opus à été produit par l’excentrique Mickey Moonlight (Ed Banger) dont l'influence se retrouve dans le titre éponyme Ghost Carnival. Toujours dans la mouvance le trio signé sous le même label que le Klub des Loozer, Kavinski ou Findlay Brown (Record Makers) a su se faire une place parmi les grands nom grâce à son style atypique et electrique.

Un groupe surprenant et attachant.

>>Clip Mademoiselle:

>>tout l'album Ghost Carnival