Par T. Goodman    

Les quatre belles savent se faire désirer. Quatre ans se sont écoulés entre le premier album, le très enthousiasmant "The Fool" et ce second effort éponyme sorti il y a un mois. Le résultat est à la hauteur de nos attentes : les guitares, moins présentes, laissent la part belle aux claviers ; les voix, plus assurées mais graciles, fragiles, pleines de fêlures assumées, se fondent dans la musique.

https://www.youtube.com/watch?v=XVv9aXpAuRc

Dans cet album, les jeunes femmes s'émancipent chacune de leurs côtés et fusionnent en tant que groupe. Paradoxe qui donne à Warpaint sa puissance mélodique. Dans "Love is to die", les voix de Emily Kokal (puissante) et de Theresa Wayman (éthérée), sont régulées par la batterie et la basse. L'alliance vocale qu'on pensait d'abord impossible, devient évidente à mesure que le disque tourne.

warpaint

L'album est un animal sauvage qu'on a envie de caresser tout en craignant de se prendre un coup de griffe. Mix entre douceur et force. Une ambivalence qui se retrouve sur d'autres titres comme "keep it healthy" ou "teese" mais aussi "disco/very" dans lequel le groupe invente un nouveau courant : le psych-emo-dance (ou danser en pleurant sur son joint).

"Le groupe invente un nouveau courant : le psych-emo-dance (ou danser en pleurant sur son joint)"

Et si parfois le charme peine à percer (on pense à Go In, trop apathique), les angelinas nous emmènent pour un trip lorgnant sur le côté vaporeux des Cocteau Twins et l'alternatif des Throwing Muses.

Warpaint

Gageons également que les ladies savent s'entourer, puisque l'album est produit par Flood (Pj Harvey, Depeche Mode entre autres), par Nigel Godrich (considéré comme le sixième Radiohead et membre à part entière de tous les projets annexes de Thom Yorke) et que la magnifique pochette est l’œuvre de Chris Cunningham (entourage de Gondry ayant bossé pour Bjork et Madonna et coupable du très flippant clip d'Aphex Twin "come to Daddy").

warpaint3 Nul doute qu'avec ce disque Warpaint devienne un incontournable de la scène indé et contente les fans de la première heure, ceux de Radiohead ou de Siouxie & the Banshees.