Aujourd'hui, pourriture et garniture du dernier Metronomy

Écoulement glacial et apathie

Après avoir donné une référence musicale clés-en-main aux gens qui n’ont aucun goût, Metronomy revient nous servir sa soupe pour pisse-froids, hélas adoubée par une frange considérable d’influenceurs mal intentionnés.

« Love Letters », encore pire que le précédent album, est un ensemble globalement mou du genou de chansons consternantes. Sans la moindre profondeur, elles déroulent leur canevas métronomique, mécanique, calculé, sans surprise. Un écoulement glacial trop poli pour s’offrir une âme. Plaisir solitaire de musiciens qui s’écoutent jouer avec un sentiment de maîtrise aseptisé.

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La musique de Metronomy est à l’image de son époque et de ses auditeurs : superficielle, apathique, précautionneuse, cherchant une zone de sécurité dans un confort illusoire.

Le single moisi :

"Love Letters". On se demande comment Michel Gondry s'est laissé convaincre de mettre en image ce titre tout propre de soul javellisée.

Luminosité et aspirations cosmopolites

Après le succès de The English Riviera en 2011, la voie semble ouverte pour Metronomy, qui peut décemment envisager d’être reconnu au-delà des frontières hipsters.

Parce qu’en produisant des chansons groovy sans être bavardes, ils affirment une identité à part dans la pop, avec juste ce qu’il faut de synthétique, d’émotion et de sens de la mélodie. Sans jamais en faire trop, ils arrivent à toucher juste et délivrer le parfait dosage aux oreilles averties.

artworks-000062467764-l6huvh-t500x500 En faisant l’éloge de la finesse, des mélodies imparables et d’une production aux contours délicatement ciselés, Metronomy réussit à étayer un propos tout en nuances sur une musique lumineuse, des chansons fédératrices aux aspirations cosmopolites, apaisantes, agréables et sensibles.
Le single finement troussé : 

"I'm Aquarius", chaque note à sa place pour un morceau prenant, sans être clinquant.