Par Jacques Beetschen

Série américaine qui ne cesse de s’épaissir, servie par un casting de premier ordre (avec en tête Kevin Bacon), The Following prend aux tripes.

Flic frappé par une sorte de malédiction qui fait que tous ses proches décèdent, Ryan Hardy ( Bacon) est également victime d’une obsession : arrêter son double maléfique, Joe Carroll, un serial killer amoureux d’Edgar Allan Poe, professeur de lettres à l’université.

La première saison commence par l’évasion de Joe, prétexte temporel qui mettra en exergue ses manigances des huit années de prison. Huit années où l’homme a tissé sa toile, créé une véritable secte avec ses followers. La présence des réseaux sociaux presque au rang de personnages est une première dans une série policière.

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La série avance à toute allure. Trop vite même. Et la fin de la première saison, abrupte, laisse place à une seconde saison plus décevante.

Mais l’intérêt de The Following réside autre part : dans la noirceur pleine de l’histoire. L’ombre de Mystic River plane. Une forme de maturité lascive se dégage, densifiée par le remarquable jeu de Kevin Bacon.

Il y a, dans un sens, une forme de vérité qui échappe aux personnages.

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Bacon incarne un flic tourmenté, affrontant un double sadique, ravagé. La confrontation entre les deux êtres est forte, du point de vue physique d’abord, mais aussi formel. Le côté relâché des deux ennemis, leur façon de s’observer, les opposent jusque dans le cadrage. Il y a toute une mise en scène théâtrale qui mène vers le dénouement de cette quête.

The Following suit la trajectoire d’un homme qui s’enfonce dans l’enfer pur. Le réalisateur, Kevin Williamson (créateur de Vampire Diaries, Dawson, scénariste des Scream, …) s’adonne à ce qu’il fait de mieux : la mise en abîme narrative, où le tueur annonce par des moyens détournés la suite de la série.

Malgré quelques lourdeurs ou clichés, The Following réussit à nous donner envie de revoir Le silence des agneaux et est un bel exercice de suspens.

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