1 - Pierre & Gilles bons pour un stage d'histoire de la mode

Quand on pensait enfin avoir perdu Zahia, la voilà placardée dans le métro. Mimant Marie-Antoinette pour la promotion de l'exposition des photographes Pierre & Gilles, Zahia afflige encore.

Abîmant le rôle que la reine joua dans l'histoire de la mode, la blonde force la reconnaissance sans rien apporter. Le point commun entre les deux femmes : la ruine de la France, pratiquée sous une forme différente.

Le travestissement des symboles a fait la pâte et le succès des deux artistes, dont les oeuvres restaient jusque là "cohérentes", même si on aimerait souvent que ces fichues tendances restent au placard.

Source : Fashionmag
Source : Fashionmag

2 - Dépecez cet albinos que je ne saurais voir

Si les organes des albinos sont recherchés pour leurs pouvoirs magiques, leurs amateurs baveront sauvagement d'envie en les voyant défiler sur les podiums. Le marketing du luxe a ce don inouï de rendre accessible fantasmagoriquement ce que notre monde a d'unique. Shaun Ross gardera son nom dans l'histoire pour être le premier mannequin albinos que les grandes entreprises de mode s'arrachent. Le jeune homme, approché pour faire du mannequinat, n'y croyait pas au début : il n'était "pas beau". Outre le concept arbitraire de la beauté dénoncé, Shaun Ross incarne une des dernières luttes sociales qui n'avait pas encore été récupérée par l'univers modesque.

Source : Konbini
Source : Konbini

3 - Une cachette assez grande pour M Pokora

Ricardo Tisci a gagné nos coeurs pour ses motifs si brillants, que la tristement célèbre jalousie a pondu ses plagiats - classique. Après qu'un Kayne West et Booba pour Ünkut qui fait actuellement sa campagne été, M Pokora s'y colle. L'artiste propose une collection "exclusive" pour l'enseigne Cache-Cache qui tape dans un style Ed Hardy plus-cheap-tu-meurs, couplé à une imitation Versace de mauvais goût, à la vulgarité manquée.

"L'artiste propose une collection "exclusive" pour l'enseigne Cache-Cache qui tape dans un style Ed Hardy plus-cheap-tu-meurs, couplé à une imitation Versace de mauvais goût"

4 - L'été des méduses (pas le film, les sandalettes)

Ugg a trouvé son antinomie des beaux jours, Crocks son ennemi du bac à sable : la méduse. N'empêchant pas les verrues de s'incruster et toujours interdites dans les entretiens d'embauche, les méduses se porteront bientôt avec des chaussettes à dentelle, à la bof sauce hipster.

Comme le bois ou le liège en temps de guerre, le plastique, plus économique et accessible, vient cirer vos petons "frenchement" manucurés d'un pétrole inodore et incolore, qui vous filera le cancer sous quinzaine.

Source : Blog de Sarenza
Source : Blog de Sarenza

5 - "Costumes de légende" au Musée des Tissus de Lyon

A l'occasion des 150 ans du Musée des Tissus et des 20 ans de la rénovation de l'Opéra, l'exposition "Costumes de légende" dévoile 130 tenues issues des spectacles emblématiques de l'Opéra.

Les costumes cousus soigneusement dans les ateliers projettent dans l'univers théâtral, ainsi mis en scène, des planches cirées au miel jusqu'aux coulisses.

Source : © Lyon, MTMAD – Sylvain Pretto
Source : © Lyon, MTMAD – Sylvain Pretto

6 - Dis-moi ton sac, je t'inventerai une CSP

Ainsi consacrés meilleurs signes extérieurs de richesse, les sacs de luxe connaissent un succès exorbitant aux enchères. Quand on discute "durable", le marché et les mentalités s'équilibrent dans une guerre appuyant le droit financier à la légitimation sociale. Une logique sur laquelle Marx et Engels auraient pissé de concert. Ainsi va les diktats du jeu des apparences : rien n'oblige à avoir autant de billets dans le sac que la griffe le laisse à croire !

7 - Hyères rend son jugement

Le festival international de mode et de photographie de Hyères a rendu ses verdicts. Montrant une volonté intrinsèque de changement et de nouveauté, de nombreuses graines de créateurs ont été récompensées - plus que d'habitude. Kenta Matsushige pour son style urbain et moderne, Yulia Yefimtchuk pour son iconoclastie, ainsi que Liselore Frowijn et Roshi Porkar pour leurs versions de Dame Chloé. Côté photographie, visionnaire et décalé, Louis-Gabriel Marabelle a reçu le grand prix du jury.

Source : Photographies de Louis-Gabriel Nouchi sur fillealamodz.wordpress.com
Source : Photographies de Louis-Gabriel Nouchi sur fillealamodz.wordpress.com

8 - Pour une contre-sociologie du cache-misère

Dans l'idée, vous avez attendu impatiemment l'été. Toutefois, cette satanée réalité vous attend toujours au tourniquet des saisons. L'été tape à vos portes avec les complexes niés ou creusés pendant l'hiver. Si les entreprises de mode se souciaient du bien-être de ses proies, elles se couperaient l'herbe sous le pied : moins de consommation. Impossible et illégitime alors de proposer des remèdes aux frustrations sociales qui les refoulent d'avantage. Aux conseils "mode minceur" qui cachent la misère sans jamais la questionner, point de docteur prescripteur d'antidépresseur ;  une rencontre avec sa valeur ?

9 - Ophélie Winter, égérie modesque

Déjà les dernières Nouvelles modesques en parlaient : le style des années 90 revient au centre de l'attention pour quelques mois. Ne vous y m'éprenez pas! est classé vintage qui veut lorsque les crises financières collent au fessier. Peu importe si l'on ne se respecte pas en élisant Ophélie Winter comme référence stylistique pour cette saison. La nécessité a rencard avec ce qui nous parlait encore, il y peu, quand l'objectif est à la consommation - sans apports préliminaires.

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10 - Consensus durable à Copenhague

La journaliste de mode Vanessa Friedman succède à Suzy Menkes au New York Times. Une relève qui fera peut-être du bien à en entendre le discours qu'elle prononça au Sommet de la mode durable à Copenhague. Friedman a soulevé l'incohérence, déjà littérale, de travailler sur une mode durable quand les principes économiques se basent sur un renouvellement des collections à chaque saison. Si les nouvelles soupes à la tendance servies en tête de gondoles font l'apanage des supermarchés du fastfashion, et que ces derniers ne lâcheront pas l'affaire, la journaliste n'a pas oublié de remercier la génération Z, qui promeut du produit à tire-larigot. On ne tue pas Monsanto.