Groupe : Dorian Pimpernel
Album : Allombon

Chers Peoplestrangers, j'ai décidé de vous parler pop. Doucement, amis rockers, unis pour lapider ce mécréant avec clous de perfecto rouillés. De pop au sens noble du terme, pas des mièvreries post mortem d'un Michael Jackson ou des jérémiades inaudibles d'une Rihanna. Nous parlons ici d'héritiers potentiels des Byrds, des Electric Prunes ou des Zombies. Surtout que, cocorico, ledit groupe est français. Doucement, amis anglo-saxons, unis pour scarifier ce gougnafier à coup de vinyles rayés des Beatles.

Lecteurs, vous êtes exigeants, j'aime ça, mais détachez-moi et laissez-moi vous présenter Dorian Pimpernel.

1403_DP_BG-2_FINAL Ce collectif parisien, quasi inconnu (un 45 tours et un mini- album introuvable sorti sur un label japonais), définit son travail comme étant du "Moonshine Pop". A savoir le côté obscur de ladite "Sunshine Pop", courant musical de la fin des sixties avec pour figure tutélaire les Beach Boys prônant la positive attitude et le cool dans toutes les situations. En résumé : le surf, les filles, la drogue, Charles Manson.

 

"Les rayons lunaires blafards de leur Moonshine Pop ont été filtrés dans un kaléidoscope"

 

Les nappes de clavecin sur tous les titres de l'album transpirent une mélancolie, un spleen baudelairien; sans pour autant que leurs titres soient tristes ou pessimistes, le groupe faisant une place considérable à l'électrique. Les rayons lunaires blafards de leur Moonshine Pop ont été filtrés dans un kaléidoscope aux prismes multicolores, chaque facette colorée renvoyant à un état d'esprit, un sentiment.

La belle pochette de l'album illustre parfaitement cette image :

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Dorian Pimpernel, c'est du "rétromodernisme", un peu comme si les grands groupes de pop baroques ciselés des sixties (the Left Banke, The Zombies) étaient transposés soudainement dans le XXIème siècle, avec un petit stop-buvette dans les eighties, pour récupérer la voix claire et attachante de Neil Tennant des Pet Shop Boys. Dans cet album le groupe désire parcourir sa psyché à travers ses mélodies.

 

"Comme si les grands groupes de pop baroques ciselés des sixties étaient transposés dans le XXIème siècle"

 

Le mélange est délicieux, les enregistrements et arrangements musicaux sont remarquables de justesse.

Quelques titres sortent du lot, "Ovlar E" (plage numéro 2), évoquant le rendez-vous manqué avec la gloire, est un manège de sonorités mordorées. La rythmique entêtante de "The Mechanical Eardrum" nous amène vers une ambiance clinico-onirique des plus surprenantes. La mélodie de "Paralipomenon" ravive le souvenir de John Barry pour un épisode d'"Amicalement vôtre" sous acide.

L'excellent Label, Born Bad Records (La Femme, Frustration, Wall Of Death, Cheveu), a décidément dans son catalogue pléthore d'artistes originaux. Dorian Pimpernel ne dépare pas dans cette talentueuse galerie.

Et même si le rocker atrabilaire qui sommeille en nous peut parfois déplorer les "postures pop" un peu exaspérantes (comme poser en costard 3 pièces avec des mines affectées), ce petit moment hors du temps passé en leur compagnie est très agréable.

Espérons que leur passage cet été au festival "Rock en Seine "leur apporte la notoriété qu'ils méritent.