"La «thanatocratie» se développe, les catastrophes écologiques se multiplient sans pour cela engendrer un sentiment tragique de «fin du monde». On s'habitue sans déchirement au «pire» que l'on consomme dans les media ; on s'installe dans la crise qui, semble-t-il, ne modifie guère les désirs de bien-être et de loisirs."

Gilles Lipovetsky, L'ère du vide. Essais sur l'individualisme contemporain, 1983.

Les photographies de Silvia Grav interrogent : la mort peut-elle encore toucher l'animal social que nous sommes, voué à l'hédonisme ? L'artiste espagnole explore la piste de la fascination que la mort éveille, qu'on l'avoue ou non ; un secret que l'historique de nos ordinateurs conserve habilement.

Paradoxalement, à force d'avoir fui ce comble de la vie, la mort a été dépouillée du superficiel, des artifices mais aussi des contes et des mythes. L'abstraction est apparue comme un remède, sa représentation s'en est trouvée épurée sans perdre un gramme de son flou, de son mystère.

Du Thanatos longtemps relégué dans la liste de ce que l'on aimerait oublier, il reste désormais l'essentiel : une beauté et un lyrisme susceptibles de déconstruire la peur primaire qu'il inspirait, en vue d'une perception et d'un vécu moins complexé ; pour une paix et un bonheur de vivre moins factice sur lesquels s'endormir le soir.

Crédits photographiques : Silvia Grav

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