C'est bien connu, l'été, ça commence que fin juillet. Et c'est l'occasion d'apprécier les sorties de l'année. Sélection premium pour accompagner les joies et les gueules de bois. Big bisous !

Le disque pour retrouver l’insouciance estivale :

Mac De Marco, "Salad Days"

Mac De Marco, c’est le mec le plus cool du monde. Le branleur magnifique. Et donc la meilleure entrée en matière pour couper court aux tensions et aux pics de stress, aux maux de têtes, aux aigreurs d’estomacs et du comportement. Malgré sa casquette de hipster foireux, Mac De Marco, c’est avant tout le sourire permanent et la décontraction communicative, des  punchlines nonchalantes et des guitares approximatives. Un joyeux phénomène qui se souvient qu’on peut se détendre en chantant, et que rien ne vaut une bonne mélodie, peu importe l’écrin.

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Ecouter "Salad Days", c’est se vautrer dans un matelas vierge de toute colère, retrouver un soupçon d’innocence pour relativiser, et se dire avec lui « generally speaking, I’m fine ». Débuter l’été avec Mac De Marco, c’est retrouver l’insouciance nécessaire à des vacances bien menées, peu importe le budget. Des vacances où on n’en a un peu rien à foutre de rien, mais avec le sourire et un verre à la main.

Le titre qui annonce la couleur :"Salad Days", une entame parfaite qui s'incruste dans la tête.

Le disque pour prendre la route :

Jack White, "Lazaretto"

Habitué des riffs énergiques, de la voix criarde et des chansons épiques, Jack White rumine dans les grandes largeurs de son deuxième album solo pour accompagner tous nos road trips. Rebut talentueux de l’histoire musicale américaine, il restitue vigoureusement ce riche héritage des grands espaces, des freeways et des champs de coton, avec la chaleur du  blues, l’intensité de la soul, la simplicité du folk, la nostalgie country et la débauche rock’n’roll.

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Un album parfait pour prendre la route dans nos voitures fatiguées : le propos est assez varié pour éviter la somnolence, assez épique pour s’imaginer être le roi de la route. Par contre, il  supportera difficilement les embouteillages.

Le titre qui défouraille : "Would You Fight for My Love", croisade épique et vindicative.

Le disque pour une beuverie dansante : Rebirth Brass Band : "Move Your Body"

Les lieux hautement touristiques charrient leur lot de plaisirs simples lorsque les conditions climatiques sont clémentes. Comme l’apparition d’une fanfare, au détour d’un coin de rue, gardienne d’un foisonnement de cuivres et de percussions, tortionnaire de la rigueur métronomique, artisan de l’approximation et du bouillonnement festif. Bref, une fanfare, c’est un remède contre la morosité, l’enfer des pisse-froids, et un appel à la communion alcoolisée. C’est l’incarnation parfaite de l’esprit des vacances.

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Le Rebirth Brass Band, c’est une légende du genre, un emblème de la Nouvelle-Orléans, avec une expérience de plus de 30 ans. Et leur nouvel album, c’est une invitation aux déhanchés décomplexés, aux balancements hasardeux et aux danses nonchalantes. Pour les chorégraphes imbibés autant que les équilibres précaires, pour les énergies remuantes autant que pour les patauds souriants, tout le monde peut y aller de son mouvement, et retrouver bêtement l’envie de faire n’importe quoi.

Le titre aux intentions manifestes : "Move your Body", condensé des bonnes intentions du RBB.

Le disque pour occuper les jours de pluie :

The Legendary Tigerman, "True"

The Legendary Tigerman, comme son nom l’indique, est une bête sauvage qui écrit des chansons qui suintent la luxure instinctive. Une créature avec un Mojo gigantesque et un sens de l’esthétique minimaliste hérité de longues tournées à jouer seul sur scène, avec juste une guitare et en tapant du pied. Comme les animaux, il aime bien traîner à poil et s’accoupler, sauf qu’en plus, il a des sentiments profonds et des fêlures psychologiques. Donc tout ce qu’il faut pour sortir un blues unique en son genre, dépenaillé et concupiscent.

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L’homme-tigre légendaire continue donc de creuser son sillon séminal avec simplicité et naturel, flamboyant comme un jeune amant. L’énergie toute contenue ne masque pas le feu qui brule à l’intérieur de chaque chanson, et l’envie de profiter de chaque moment pour renforcer son périnée. Comme il le dit, y’a pas mieux pour occuper un jour de pluie.

Le single parfait : "Wild Beast", reflet idiosyncrasique du style du tigre.

Le disque pour les rêveries nocturnes : The Brian Jonestown Massacre, "Revelation"

Après quelques disques franchement éprouvants, le BJM s’est judicieusement remis à écrire des vraies chansons, tout en préservant des parures psychédéliques lo-fi particulièrement réussies.

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Les instrumentations cotonneuses et les mélodies délicates construisent une douce alcôve propice aux pensées libérées et à tous les égarements intellectuels, pour se construire des moments d’introspection rêveuse au clair de lune, bien loin du tumulte des saisons de labeur et des tensions sociales, tranquille avec soi-même, oublieux du cynisme pour réveiller des attentes enfouies par un principe de réalité trop cruel. Bref, un disque pour envisager la suite avec l’apaisement nécessaire.

Le disque tapisserie pour un apéro inter-générationnel réussi : Jamaica, "Ventura"

Le retour aux sources : "What You Isn't", comme quoi, une bonne chanson, c'est vraiment pas compliqué.

Alors oui, on entend d’ici les ayatollahs du bon goût nous tomber dessus, et on les emmerde profond, parce que c’est l’été, bordel, et que Jamaica, c’est simple, c’est efficace, c’est carré, c’est tout beau tout propre et c’est super en fond sonore. Et comme on a décidé de consommer responsable pendant nos vacances, on ajoute que contrairement à ce que son nom laisse penser, Jamaica, c’est Made In France.

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En plus, il y a assez de kitscheries extrêmes pour ne pas prendre l’album au sérieux, et c’est suffisamment radiophonique pour plaire aux gamins. Et comme un amour estival, ce disque se périme après 10 écoutes. Le single accrocheur : "Two On Two", bien calibré comme il faut. Par Zed Stardust