"Elle appartient à l’homme cette périlleuse image de la Femme (…) elle est la grande illusionniste, la séductrice qui attire dans la vie, par sa Maya – et pas seulement dans les aspects utiles et raisonnables de la vie, mais dans ses effrayants paradoxes et dans des ambivalences où bien et mal, succès et ruine, espoir et désespoir, se contrebalancent l’un l’autre. Parce qu’elle est son plus grand danger, elle demande à l’homme son maximum."

Carl Jung, Dialectique du moi et de l'inconscient, 1933.

Michaela Meadow met en scène l'inconscient masculin guidé par l'Anima, qui tapisse également l'espace de la psyché féminine ; elle est influence lunaire, Lilith-Eve, maîtresse de l'instinct et la part de féminité sommeillant en l'homme.

La photographe résidant en Angleterre, recrée son Anima, vacillante, joueuse, tantôt dans l'illusion tantôt dans l'apparition. Parée d'une couverture végétale, d'une nudité passive, elle se dessine sur couleurs du couchant, teinte de l'heure qui vient. On aperçoit quelques onces d'une magie signataire de l'ultimatum suivant : la ruine ou la fortune, la chute ou l'extase, le pouvoir partagé des énergies cosmiques et sociétales ou la peine éternelle des jours soumis.

Si l'on dit de Marguerite Duras que sa Lune Noire en Bélier a influé son Anima dans une violence qui provoque, attaque, combat et engage sa vie jusqu'au bout, celle de Michaela Meadow s'immisce en douceur dans le rêve, s'érige en mirage tonitruant avec sa soif intérieure de plaisir délirante et intangible.

Son désir frustré, incarné par l'amour vaillant inséparable de l'extase physique, cache une égoïste ardeur de vouloir posséder l'autre avec une telle suffisance dans l'âme que l'objet de cette obsession anthropophage, l'homme ou le soi, fuit, emporté par l'effroi fasse à la vérité qu'il choisit de nier ; l'Anima reste seule.

Crédits photographiques : Michaela Meadow

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