Comment tu veux que j’te trouve si tu donnes aucun indice ? Non mais parce qu’il y en a plein qui te ressemblent ici. Dis-moi un peu, t’es brun avec les cheveux bouclés ? Un caractère bien trempé ?

On s’est peut-être déjà croisé ? Me dis pas que c’était toi l’autre fois dans ce café ... J’ai bien vu comme tu m’as regardée. Avec tes yeux de merlan frit, à coup sûr, quelques années plus tard je te disais oui pour la vie.

Et puis tu sais moi aussi je sais me planquer. Je suis pas bien haute et souvent j’ai peur que tu me tombes dessus un peu trop vite. C’est plus marrant si on se croise un peu plus tard, que pour une fois mon cœur sursaute.

Oui et puis non dépêche toi. Parce que tu deviens la psychose familiale, une cause nationale. Crois pas que j’ai pas déjà essayé de leur faire plaisir, mais je voulais être bien sûr que ni toi ni moi n’aurions eu envie de fuir.

Et puis dis, t’es pas très authentique quand tu te caches dans les yeux de ces bonhommes pas bien sûrs d’eux. T’es pas toujours l’évidence qu’on attend au détour d’un premier regard, aux premiers pas d’une énième danse.

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Mais faut que je reconnaisse que t’es sacrément plaisant quand je t’imagine. J’espère que t’es prêt pour l’aventure grand dégourdi, parce que je vais te trimballer partout, ce sera p’t’être pas bien loin, mais ça fera deux fois plus de kilomètres si on marche ensemble toi et moi.

Non mais je sais pas si j’ai envie de te faire confiance. Paraît que t’es le roi de la déconne, moi non plus j’ai pas envie de m’ennuyer mais je vais finir détraquée si un jour sur deux tu me fais douter.

J’essaye de pas penser à toi tu sais, quand on était môme on nous bourrait déjà le crâne avec ton grand cheval blanc. Moi depuis je suis redescendue de mon piédestal, je préfère vivre dans un p’tit gourbi, bien fourni, que nos quatre mains auraient ensemble construit, plutôt que dans un grand château où ça résonnerait beaucoup trop quand tu aurais envie que je te lise un peu de mes mots.

Non puis t’affole pas, je sais pas encore si on va se marier, si c’est pas encore le moment de profiter. Je sais bien que moi aussi je suis pas très tempérée, arrête avec ce regard qui te donne raison, faut que tu reconnaisses qu’avec toi c’est pour toujours ou pour jamais.

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Je te préviens tout de suite. J’aime les grands réveils en fanfare et les doigts qui courent sur ma nuque. J’ai un rapport conflictuel avec une des deux parties de mon cerveau. Celle-ci étant en guerre contre l’autre hémisphère. Tu vas vite capter que ça colle pas trop entre le truc qui bat trop fort dans ma poitrine et tout ce bazar dans ma tête.

Je sais pas si je te dis à bientôt, ou si tu vas définitivement me planter. En tout cas même si c’est pas d’main la veille, j’ai encore un peu de patience avant d’envoyer une bouteille, pas à la mer mais à l’amant curieux auquel je serais susceptible de plaire.