Party girl a obtenu la Caméra d'or dans la catégorie "Un certain regard" à Cannes cette année. Le jury aurait également pu glisser à la trinité de la Fémis une statuette pour les décors et les costumes.

Mais lorsqu'il s'agit d'un docu-fiction, comment juger de la créativité de l'image ? C'est justement le problème du naturalisme parisien effréné qui, en brouillant les procédés de création, fait parfois écran aux émotions.

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Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Théis revisitent dans un style brut les indémodables thèmes du changement de vie, de l'insatisfaction amoureuse et de l'usure.

Tourné à Forbach, ville du nord-est sinistrée, Party girl traite de la péremption du recommencement.

Une danseuse de cabaret d'une soixantaine d'années peine à quitter le monde de la nuit. Les clients ne viennent plus la voir, la patronne la chahute. Une oppurtunité s'offre à elle : un ancien client veut l'épouser. Mais la frénésie nocturne et son lâcher prise vont lui manquer.

Les comédiens, tous non-professionnels (l'héroïne est la mère de Samuel Théis) et fâchés avec la syntaxe, livrent une performance assez émouvante et juste. L'outrance de leur caractère est gommée par l'aspect documentaire.

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Les hobbies de cette famille de Lorraine, qui vit le drame avec poésie, gravitent autour de la décoloration, du tir à la carabine, et du lancer de montgolfières. La cadette est celle qui a "réussi", avec son BEP... Le relativisme socio-culturel, si cher aux réalisateurs, opère librement dans la scène magique du skype familial. Reste que le parti pris, très québécois, de la douceur de vivre de la misère sociale, est agaçant. Et ce, encore une fois, malgré le prétexte autobiographique.