Ecrire là, en haut. Parce que vous êtes là, bordel. Pourquoi pas un énoncé ? Une forme creuse comme un moule d’un nouveau dire. Je ne suis devin qu'aux marges de mes incohérences. Mais j'ai envie de croire que si vous lisez ça, vous êtes beaux. Parce que demain vous interroge !   A partir de là. (Accepter ce postulat !) On pourrait vraiment faire de la politique. Sans think tank, sans argent. Avec des tripes et des idées dedans.   Commencer par dire que tout est politique. Que tout est affaire de courage. Refuser de se laisser enfermer dans des inepties techniciennes. Laisser la technique aux techniciens, aux énarques, aux consultants, aux experts. Pour d'abord être des hommes et des femmes politiques, Parce qu’on veut juste décider, pour nous, un peu. Ne pas être gouvernés par des réformettes triturées par les lobbys. Un grand emprunt ou un pacte de compétitivité, ce ne sont pas des choix politiques. Il y a des tendances lourdes bon sang. Dire que le concept d'étranger n'existe pas, c'est une idée. C'est ça la politique ! Ce n’est pas Leboncoin ou Leonarda. Dire que tous les produits vendus doivent payer leurs externalités. C'est pas faire du protectionnisme, c'est parler pour demain ! C’est parler pour ceux qui ne peuvent rien dire en Chine. Dire que la laïcité seule garantit nos libertés. Car on ne combat pas les fanatismes par la parole religieuse. Et on peut multiplier les "Dire" : Dire que la richesse infinie est une folie, Quand elle est supérieure à ce que l'on peut dépenser en une vie. Dire que plus personne sur terre ne doit mourir de faim. On pourrait même avoir le droit de recommencer, de tâtonner, d'expérimenter. Quitte à nous planter. Mais ce sont ces "Dire" additionnés qui forgent une force politique. Alors on serait plus heureux d'être moins seul. A se dire « jusqu’à quand on ferme notre gueule ? » Moins seul d'être un front, pas national, populaire. Un nouveau Front Populaire Parce que ce n’est pas une insulte. Ce sont les congés payés. Et rien que pour ça. Elles sont où les statues en l'honneur de Blum ? Il a plus changé ma vie que le Général. Un Podemos à la française, Un parti qui n’en soit pas un. Une certaine idée de la politique. Sans en faire métier. Parce que le risque est là. De se faire ronger par le pouvoir. On écrira des statuts parfaits, empêchant d’être élu plus d’une fois. Et ce n’est qu’un premier pas.   Enfants distraits mais absous. Sans les utopies libertaires des sixties, Adultes aux bonheurs légers et faciles, Qui rêvent secrètement de justice sociale.   Si vous êtes banquiers ou militaires, honnissez-nous! Des tombereaux d’argent vont abreuver la culture de ce pays. Et tant pis pour les gabegies, Si cela permet de financer rien qu’un génie,   N’être qu’un parti de gauche. Ni PS ni Front de gauche, Sans la tiédeur de l’un ni le chavisme de l’autre,   Et on pourrait même se marrer, A le faire. Pas seulement pour répondre aux impératifs du moment. Un truc à la Dolce Vita en mode Tu Vuo'Fa L'Americano. Ce qui nous touche, nous envole, nous emporte, Ce qui doit être dit au monde. L’essentiel d’être.   Il y a la beauté et le reste. Basta. Face à l’outrage permanent des « décideurs » du monde. Etre réactionnaire comme on est plombier, Dans l’évidence des fuites à fixer. Sans feu, sans révolution, sans tête à couper, Juste avec les armes qui nous sont données, Voter. Dire. Ecrire. Se rassembler.   Je veux croire qu’il n’est pas trop tard. Pour faire les lois nécessaires. Interdire la spéculation sur les denrées alimentaires, les triples AAA grégaires. Crier qu’on ne fera pas faillite. Parce que vous, parce que moi, Qu’on existe et qu’on vit là.   Et nos pensions, nos salaires, nos allocs, nos retraites on les dépensera là. Qu’on dansera sur les tombes des pessimistes, Et des vendeurs d’idées misérabilistes. Parce que la France, ses mers, ses forêts, ses milliers de bâtiments. Faillite de quoi bon sang ?