Granville, 17 février. Je suis arrivé dans la furie inattendue d'un carnaval normand. Presque trois heures à bouffer du bitume, Littéralement, L'avaler. On ne dira jamais assez la splendeur mécanique, Le drame humain finalement, arriver à la perfection de l'injection au moment où le pétrole fait défaut. Peut-être qu'il faudra toujours une faille pour accélérer nos talents. Il faut imaginer ce bonheur un brin masculin des chevaux-vapeur, Le hurlement rauque du moteur. Spécialement à ce craquement de la quatrième et de la cinq. Cet instant à cent vingt où le raisonnable devrait prendre le dessus L'autoroute. Cette liberté enfin. A tant que la jauge plaide le plein. Au bout de la route, l'agitation soudain, Les costumes, les confettis et mon drame à moi : route barrée. Carnaval. Jouant ma partition de gentil garçon bien élevé face au flic Me disant que je n'irais jamais en voiture jusqu'à mon appartement. Je salue poliment tout en criant fort à l'intérieur ce que je suis : un homme des années 80's Et que bon sang je trouverai, je passerai ! Et bien sur je suis passé, un rien en mode GTA par les voies ferrées Mais passé quoi. Alors je le dis ici, si je suis ruiné un jour, ma dernière voiture sera mon rempart, mon dernier fort ! A m'en couper la main! Parce qu'entre les choses et les gens il y a ce trésor bien trop humain. Les voitures. Et me voilà. Face à la mer. Quelque part là dans l'obscurité. Mer que j'entends se fracasser violemment sur le rempart juste là. Par ma fenêtre, sans mentir, on ne voit que ça, la mer. J'envisage, bêtement, de me forcer à bosser. Offrant maladroitement une épopée absurde En mars prochain, le championnat du monde de F1 reprend. J'aimerai en être le commentateur le plus irréel qui soit. Alors oui People are Strange mais peut-être pas tant que ça. Ca implique de bosser le dimanche mais *sourire*