Elle arrive, sublime dans la lumière blanche du matin, se penchant par l’entrebâillement de la porte pour dire : «  Tu as lu, l’accident ? » Non. J’étais dans mes mails. Ce petit bloc « en direct » en bas à gauche sur LeMonde, Jamais bon signe. Je fais rapidement le tour des sites d’infos Comme si en savoir plus pouvait expliquer mieux. Aux antipodes, deux hélicos se télescopent. Fin de l’histoire. Pourtant, il faudrait savoir dire cette stupeur, ce torrent d’émotion qui nous prend alors, Probablement à tort, au risque de l’intelligence, mais c’est humain. Il y a là la tristesse, l’injustice de perdre des talents, Qui n’auraient pas changé la face du monde mais l’embellissait de beaux exploits. L’angoisse de se sentir si mortel La détestation de TF1 et ses jeux à la con La honte de se dire qu’on aurait peut-être regardé. Tout cela semble absurde. Alors essayer de lire autre chose. Et Noël Mamère, une nouvelle fois, tape juste. Sommes-nous vraiment en campagne ? Où sont les idées ? Où est la politique ? L’esprit du 9 janvier, pluriel certes, parlait de cela De se tenir ensemble pour dire qu’on prendra toutes les idées, même les mauvaises, et qu’on en débattra, sans kalachnikov. La peur ce n’est pas une idée, c’est une manœuvre. Ce crash, ce matin, me plonge dans l’émotion, Que ce ne soit pas une excuse pour oublier de penser. A partir de quand pourra-t-on en rire ? Nan parce que Candeloro qui échappe a la mort le jour de la journée de la femme... Karma is a bitch.