La nuit est sombre et le sol est froid. Si Willie voyait les ombres danser autour de lui, Il se laisserait gagner par l’effroi. Mais il est calme et résolu, Ça fait bien longtemps que ses yeux ne voient plus. Certains l’appellent Sammy, Eddie ou même Billy ; Mais quand résonnent ses douze cordes, Ils savent tous qu’ils ont affaire à Willie, Qu’ils viennent de Decatur street, Atlanta, Augusta, Macon ou Savannah. L’œil du sourd est normal, comme disait le poète, Et les oreilles de l’aveugle entendent mieux que les autres. S’il ne voit pas le peuplier, il entend la chouette, S’il ne voit pas l’étrange fruit qu’on y a pendu, Il sent les chairs brûlées et les magnolias défendus. La nuit était sombre et le sol était froid. Willie devinait les ombres dansantes autour de lui, Mais il ne se laissait pas gagner par l’effroi. Il parlait aux étoiles, lui qui n’avait jamais vu le soleil ; Personne ne chante le blues comme Blind Willie McTell.  

Et personne ne chante comme Bob Dylan que personne ne chante le blues comme Blind Willie McTell. C’était en 1983. Le plus vibrant des hommages rendus à McTell et certainement une des plus belles chansons de Bob. Ce qui n’est pas peu dire.

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Dix ans plus tard, le vieux maître reprenait la « Delia » de Willie sur son album World Gone Wrong. Au rang des influencés notoires, on compte également Taj Mahal qui, en 1968, faisait entrer le « Statesboro Blues » dans l’ère électrique. Plus près de nous, les White Stripes ont ressuscité son « Southern Can Is Mine » en l’an 2000, trois ans avant que les Two Gallants s’approprient le « Dying Crapshooter’s Blues. »

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Résumons-nous : il faut écouter Blind Willie McTell.