Rien de ne va plus Louis.

Ta charmante sale gueule va finir par ne plus me revenir.

Casta, c’est la goutte qui fait déborder le tonneau.

Quand tu n’as pas le goût de la femme bien mûre, ou de celle dont le prénom défie les lois de la phonétique, tu tapes dans l’ordinaire.

Je t’imagine lui chanter Gainsbourg en couchant son « laedanslatétitia » sur le papier, alors qu’à moi tu pourrais fredonner du Brassens. Ce serait, certes, moins sensuel, mais tu serais le premier pour qui je dégraferais vraiment mon corsage pendant le refrain.

T’avais dix huit ans quand elle accouchait de son premier enfant. Louis, le rôle de beau papa ne te va vraiment pas. Sur ses enfants, ton charmant mystère ne marchera pas.

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Trente-six centimètres et dix ans nous séparent, mon utérus attend de porter nos futures petites têtes brunes et bouclées. Si tu as peur qu’ils héritent de ton nez, je tâcherais de ranger la génétique de mon côté.

Je sais que t’es déjà venu me chercher, la chef m’a mimé sa mine consternée quand t’es passé devant l’agence un jour d’été.

Dire que j’ai regardé la moindre de tes apparitions dans tes films lents, en noir et blanc. Et Dieu sait si parfois c’est un sacré sacrifice.

Allez Louis, je suis prête à affronter la lourdeur des remarques de mes frères sur tes films dramatiques français et à jouer dans un film de ton père.

Je sais pas si t’es mon genre de mec mais pour toi je me marierai en grand. Je mettrai la plus kitsch des robes pourvu qu’elle te plaise. Pour toi je signe un prêt sur trente ans, j’écris des scénarios de films d’auteur, et je te regarde répéter pendant des heures.

Louis, même si contrairement à Lætitia mes dents sont parfaitement alignées, j’ai espoir que mon sourire sans fioritures te fasse flancher.

J’ai la vie devant moi et la passion de la jeunesse. Je te referai la scène du Mépris, les miches à l’air pour t’entendre me dire que tu m’aimes totalement, tendrement, tragiquement.

Louis, on se refera toutes les scènes des films les plus merdiques, si tu veux.

Mais crois-moi, si tu continues de l’aimer, je vais finir par te snober.

"Louis, on se refera toutes les scènes des films les plus merdiques"

J’ai pas joué dans une putain de publicité de parfum parce que mon odeur corporelle naturelle est parfaitement délicieuse, mais promis, je peux aussi me trémousser dans des draps en soie si ça peut te rendre heureux.

Et puis merde Louis, avance, avance un peu, tu patauges là.

On dirait que tu veux te caser, satisfaire les envies de ta mère, t’ennuyer trop tôt.

Regarde comme nos chevelures se noieraient à merveille l’une dans l’autre. On se chiperait des moments de bonheur et j’assumerais la tête plus haute que jamais de faire partie des petites minettes qui ne peuvent résister à ton regard profond et à ta nonchalance qui frôle, parfois, avec délicatesse la limite du supportable.

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