Les métamorphoses musicales, épisode 2. Retrouvez le premier ici.  

Tout était déjà en place dans la version originale de You Don’t Knock des Staple Singers. Alors qu’apporter à cette petite pièce apparemment parfaite, mélange harmonieux de gospel et de folk ? Une petite touche de folie électrifiée peut-être, comme ont su le faire les Detroit Cobras.

 

Si je vous dis Cry Me a River, vous me répondez ? Justin Timberquoi ? Non, tout faux. Julie London, bien sûr ! Son interprétation de 1953 est une de ces douceurs qu’on pense intouchables. Et puis voilà, un jour on découvre la reprise de Marie Knight. Le doute s’installe.

 

Love Me Or Leave Me est née en 1928, pour les besoins de la comédie musicale Whoopee! Si l’interprétation originale de Ruth Etting est aujourd’hui oubliée, c’est que la chanson est passée entre les mains de Billie Holiday d’une part, mais surtout de Nina Simone.

 

Au rang des ritournelles en forme de cœurs brisés, la concurrence est féroce. S’il fallait en garder une, je choisirais Crazy de Willie Nelson. Il ne fallut pas longtemps au Red Headed Stranger pour s’en faire déposséder, Patsy Cline signant la version définitive de cette chanson un an seulement après la sienne.

 

Comme toujours, quand on le sait, ça paraît évident. Mais voilà, pour le savoir, il faut bien que quelqu’un nous le dise un jour. Alors voici : le grand succès des Trashmen, Surfin’ Bird, n’est pas une création originale. Les éboueurs de Minneapolis se sont en réalité (très) largement inspirés de deux titres des Rivingtons : Papa Oom Mow Mow et Bird’s The Word. Avec brio, certes.

 

Wanted Man fait partie de la liste de ces trésors inexplicablement laissés de côté par Bob Dylan durant sa carrière. À un niveau bien moindre que Blind Willie McTell, mais tout de même. Enregistrée durant les sessions de Nashville Skyline, en 1969, et co-créditée aux noms de Dylan et Johnny Cash, elle a été jouée par ce dernier durant son mémorable concert à la prison de San Quentin. En 1985, Nick Cave et ses mauvaises graines se l’appropriaient pour en faire cet objet inquiétant, fascinant, sinistre et dansant à la fois. Bref, un morceau de choix.

 

C’est encore grâce à Johnny Cash que j’ai découvert la chanson suivante. Publiée sur American IV : The Man Comes Around, dernier album paru du vivant de l’homme en noir, elle se nomme The First Time Ever I Saw Your Face. Peggy Seeger l’a créée en 1957, Robert Flack en a donné une version bouleversante de pudeur et d’intensité.

À suivre.