Groupe : Ulrika Spacek Album : The Album Paranoïa Label : Tough Love/Differ Ant

L'histoire musicale regorge d'anecdotes croustillantes quant à la genèse cocasse de certains groupes du genre "j'ai croisé une licorne à trois pattes dans la forêt de Paimpont et c'est précisément à cet instant que j'ai décidé de fonder un groupe de Metal-Cumbia" ou encore "C'est Manuel Valls lui-même qui m'a poussé à fonder mon groupe de gangsta-country, le featuring avec Mimie Mathy est venu après". Dans le cas d'Ulrika Spacek, les origines sont aussi croustillantes qu'un boudoir trempé dans du lait, à savoir une bande de potes qui après quelques bières, décidèrent de faire un groupe. De même, si certains noms de groupes singuliers se démarquent comme par exemple Rihanouna (croisement cauchemardesque entre une chanteuse nymphomane et une huître présentateur), Ulrika Spacek qui nous intéresse ici est simplement un avatar que le chanteur se créait pour sortir bringuer. Admettons, mais la pochette de leur premier album, ce randonneur oriental sur la piste des mines du roi Salomon, elle en jette non ? Cela m'a tout l'air d'une transposition onirique de l'état d'esprit de la formation. En fait, il s'agit juste d'un poster qui décorait la chambre d'un des membres. À ce moment de la chronique, j'espère que vous pensez - comme moi - que la platitude de la bio du groupe a été expressément pensée pour pourrir MON article. Vous l'aurez compris mes chers lecteurs mélomanes, le sensationnel n'est pas le dada d'Ulrika ou plutôt si, l'originalité se concentre exclusivement sur les compositions et c'est bien là l'essentiel, convenons-en bon sang de bonsoir !

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Car les 10 titres composant "The Album Paranoïa" sont presque tous empreints d'un vent de fraîcheur créatif et je dis "presque tous" afin de ménager un léger suspense qui au fil des mots ne pourra devenir qu'irrespirable. Car même si au fil des plages les comparaisons avec d'illustres prédécesseurs ne manqueront pas de titiller votre ouïe avertie, une réelle identité propre à la formation se dégage. Ulrika Spacek est une médium sur lequel planent les ectoplasmes fumants de Stephen Malkmus, Tame Impala voire de Sonic Youth comme peut en témoigner l'excellent She's A Cult que n'aurait pas renié un Thurston Moore (période Washing Machine pour les connaisseurs) grand amateur de guitares désaccordées . Par ailleurs, par exemple et par tous les diables, notre voyante invoque également et élégamment My Bloody Valentine sur le non moins saignant Strawberry Glue avec ses nappes sonores aussi entêtantes qu'envoûtantes. Seul couac et je mets fin ici à ce suspense insoutenable, la dernière chanson Airportism sonne vraiment trop comme du Radiohead. En toute honnêteté. Pour conclure, la véritable force de ces Anglais est peut-être d'associer le savoir-faire britannique avec ce petit grain de folie psyché de la côte ouest américaine. Des surfers sur la tamise qui ne devraient pas rester longtemps dans le creux de la vague.

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Voici le clip "fait maison" de Strawberry Glue tourné one shot ou les limites des joies de la coloc' avec des artistes :

Pas de live ni de session acoustique youtubés à ce jour, on ne boude pas son plaisir avec un deuxième titre studio, le fragile Porcelain :