Un plafond offre de multiples possibilités. On peut jouer à reconnaître des formes poétiques parmi les tâches qui y sont inscrites, en critiquer la couleur, remettre en question la nécessité du faux plafond en BA13.

Si le plafond est blanc et lisse, cela permet de réfléchir à des choses de femmes : listes des courses, déclenchement d’une machine à 40°, dernière révélation de Elle sur la trisexualité de Mlle Paradis-Depp.

Esther fixe le plafond, puisqu’elle s’emmerde. Car, c’est bien connu, les femmes s’emmerdent au lit.

1453242_643703375673319_934471664_n

C’est quelque chose que les hommes savent – « depuis la nuit des temps », comme disent les dissertations du Bac de français. Elles ne savent pas, elles. Eux oui. Elles croient aimer le sexe alors que non. Elles croient avoir des besoins alors qu’elles pourraient se contenter d’une petite baise par an. Mais elles n’en démordent pas, les femmes d’aujourd’hui, elles veulent tout faire comme les hommes et cela passe par se faire croire qu’elles en veulent et en redemandent, du coup de trique et des baisers.

Il existe énormément de vérités profondes sur la femme dont les hommes détiennent la clef. C’est un terrible fardeau, de tout savoir sur les femmes.

Alors que faut-il faire ? Les RAI-SO-NNER. Quand elles feignent d’avoir du plaisir, ou plusieurs orgasmes de suite ou encore qu’elles prétendent que ce soir c’est elles qui ont envie de faire l’amour, il faut se méfier. Il faut ABSOLUMENT les empêcher de croire à leurs propres mensonges. Il faut surtout les confondre, les prendre en flagrant délit d’emmerdage pendant le sexe. C’est primordial de pas se laisser avoir pas l’engeance femelle, on ne l’écrira jamais assez !

80059992

Revenons maintenant à Esther, notre cas d’école. Esther donc, regarde le plafond. Elle adore son Gudule. C’est seulement que ce soir, elle n’est pas d’humeur vamp, et un bon vieux missionnaire, parfois, c’est quand même confortable.

Le plafond est neutre mais sympathique, le mouvement est agréable, elle est bien installée. Elle rêvasse un peu, pense une seconde à ce qu’elle pourrait bien manger ce soir, elle pense aux épaules de Gudule – elle aime aussi ses fesses, mais elle n’a actuellement ni la force mentale ni la longueur de bras nécessaire pour les pincer et leur témoigner de son affection.

306389_10150869894550107_451412286_n

Tout à coup, Gudule s’arrête. Brusque comme une voiture qui cale – Esther n’a pas le permis mais elle l’a vu dans des films.

« T’es pas dedans. »

La phrase tant redoutée – il faut reconnaître que techniquement c’est lui qui est dedans.

« Non t’es pas dedans je te dis je le sens bien t’es pas dedans je le sens bien t’es ailleurs moi ça me perturbe j’en perds mon érection, mon latin, ma fierté d’homme. »

C’est qu’Esther a plus envie de saucisson-beurre que de débattre, à cette heure. Pour sauver sa peau, le mieux serait de prouver par des haussements de sourcils sa bonne foi et qu’elle clame haut et fort son appétit (pas pour la charcuterie, pour la bite de Monsieur). Ce soir pourtant, elle renonce.

Faudrait savoir, pense Esther - qui, rappelons-le, n’a pas inventé l’eau chaude - quand je suis dedans c’est que je fais semblant, quand je suis pas dedans, je brise ses rêves de virilité… Esther n’est plus en mesure de suivre intellectuellement Gudule.

Ce qui est bien avec Esther, c’est qu’elle n’a en revanche pas perdu son appétit, pas plus que son désir profond pour Gudule, sur qui elle se promet de sauter allégrement. Mais après le dessert.

Esther