Toute forme d'art est affaire d'inspiration, et force est de constater que les paysages lunaire de l'Atacama, les sommets décharnés andins et les forêts subpolaires figées de la Patagonie chilienne, ont éclairé une génération de musiciens.

Magnifiée par les splendeurs géographiques de leur pays, la musique de ces groupes, tous originaires de la capitale chilienne, s'est forgée une réputation bien au-delà des frontières, amplement justifiée dans le fourmillant bouillon d'idées du courant psychédélique moderne.

Hissez haut Santiago, et partons derechef découvrir la nouvelle cité d'or du son psyché et quelques-uns de ses chamanes par ailleurs réunis pour la plupart en un seul et même label du cru BYM (Blow Your Mind) records.

Föllakzoid : Hypnose osée

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Les grands manitous et chefs de file du courant, leur bassiste dirigeant de fait le label suscité, propose une musique hybride mélange de KrautRock et de nappes aux guitares saturées et boucles répétitives. Des compositions longues qui s'étirent, s'éloignent souvent vers des contrées technoïdes pour revenir en uppercut dans les tripes comme le boomerang que forme le pays.

A partir du second album ils furent relayés à l'international par le prestigieux label Sacred Bones leur assurant tournées mondiales et reconnaissance outre-andine.

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Leur troisième et dernier album, le bien-nommé "III" (pas bête hein ?), comporte 4 chansons oscillant entre 9 et 13 minutes et fut mis en galette avec le précieux concours d'une sommité allemande en matière de musique électronique, le mystérieux ATOM TM, apportant ainsi une touche spatiale aux sonorités organiques du trio.

On obtient un résultat détonnant susceptible de mettre en transe un paresseux cataleptique.

Voici Pulsar, un extrait clippé de leur second album, "II" (génie).

The Holydrug Couple : Doble puertas de la percepción*

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Les bon élèves de la cuvée, qui avec leurs compositions contemplatives appliquées et inspirées de la dreampop seventies, auraient pu nous rendre une copie sans tache mais sans relief eurent la bonne idée de tartiner de cactus hallucinogène leurs devoirs.

Le correcteur-auditeur s'en trouvera d'abord caressé dans le sens du tympan pour une insertion cérébralo-trippesque tout en douceur.

En trois excellents albums, Manuel Parra à la batterie et Ives Sepulveda à tout le reste se posent ici comme les faux-frères jumeaux sud-américains de Tame Impala faisant les yeux doux à la scène low-fi californienne.

Leur musique fait vraiment l'effet d'un voyage périlleux en planeur sur les hauts plateaux andins mais avec l'assurance innée d'un atterrissage en douceur d'où une plénitude intemporelle sur le moment présent (pour atteindre ce niveau de poésie, tous les matins je saupoudre mon café de sourcils de Guy Béart) . C'est en vente libre chez tous les bon dealers de son.

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S'ajoute en cette fin 2016 la B.O. du film imaginaire "Pantanal", absolument onirique et constituant une porte d'entrée idéale à l'univers des deux muchachos.

*Pour la traduc', débrouillez-vous.

LA Hell Gang : Lumineux avec un grand Hell

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Ces trois escogriffes donnent dans le remake d'Easy Rider sur la panaméricaine. Au premier abord ça sent le cuir de moto chauffé à blanc par les chaleurs torrides de l'Atacama mais au fil des chevauchées, on s'aperçoit qu'à l'intérieur du casque intégral leur musique propose quelques itinéraires bis sinueux aux rectilignes highways.

A l'instar d'un Black Rebel Motorcycle Club avec qui ils sont beaucoup comparés, LA Hell Gang réussit avec brio à s'affranchir de leur côté bad/black/blues à certains moments pour céder aux affres kaléidoscopiques d'un rock plus bariolés aux tendances sixties. C'est du moins le cas sur leur second album, leur anecdotique premier essai n'étant qu'un pale et involontaire hommage aux rolling stones.

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Petite anecdote croustillante, le LA de LA Hell Gang ne signifie pas Los Angeles mais La Vida, dixit le chanteur qui prouve par la même que l'on peut très bien être acronymophobe ou dyslexique et percer dans la musique.

Thru Me Again, La face B du single sorti en septembre dernier laisse entrevoir un apaisement dans la tension électrique du combo, laissant les motos refroidir au bord de la route le temps de courir nus au milieu des alpagas. Récompense pour toi (oui toi je te tutoie) qui a lu jusqu'au bout : Voici une petite sélection d'autres illustres représentants de cette fructueuse scène avec une mention spéciale pour Nueva Costa et leur cosmic pop-rock cotonneuse dans la langue de Pablo Neruda.