Le désir prend d'abord la forme d'un chien noir. Il est seul, il traîne, où est son maître ? Ava le suit sur la plage, erre entre les parasols et les couleurs qui disparaissent. Il est là. Le garçon au chien noir est là. Son visage, la beauté sauvage. « Je serais morte de ne pas l'avoir vu. Alors je veux le voir encore ». L'amour commence lorsque l'enfance meurt. Ava n'a que 13 ans. « Je voudrais qu'ils se noient, qu'on en finisse » écrit-elle en regardant jouer les enfants. She ain't no child no more. Et avec l'enfance, c'est la vue qui plonge. Demain Ava sera aveugle. Demain ce sera noir. Alors vivons, fuyons la mère, fuyons les flics, tirons sur les touristes, échappons-nous, vivons nomades, aimons- nous.

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Le premier film de Léa Mysius est une ode à la jeunesse, à la liberté, à l'été qui ouvre les sens. Les plans sont sensuels, râpeux comme la roche. Les vagues lèchent les corps, l'argile soigne les plaies.

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La jeune actrice Noée Abita crève l'écran.

Elle crève les yeux des pessimistes qui annoncent la fin du monde. Elle n'est pas tendre. Mais on n'est pas tendre quand on a 13 ans et une mère qui pleure ou baise trop facilement.

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La musique, magnifique, donne des envies de road trip à moto. Si tu veux ouvrir ton été comme on ouvre un éventail, va voir Ava. Pour une fois, il fait frais au cinéma français.