J’ai brûlé une à une les 288 pages d’un bouquin qui donne des conseils pour devenir une fille géniale, à l’air intelligent, belle, serviable. J’aurais pu le garder pour me faire un marche pied, me permettant d’atteindre enfin le lavabo de la salle de bain pour me brosser les dents.

Certes. T’as vaguement raison avec ton sourire qui accompagne une énième blague sur mes un mètre quarante sept virgule cinq. Faut reconnaître que certains architectes sont des archicons, on se détruit les articulations, à genoux là devant la baignoire. En colère j’en viens même à me faire saigner les gencives.

C’est la leçon sur le test du crayon à papier qui m’a fait vriller. Celui qui ne devrait te servir qu’à dessiner ou à écrire.

J’sais pas qui est le déficient qui a eu la merveilleuse idée d’aller le glisser sous le sein gauche de sa moitié, fier d’avoir trouvé ici, un instrument de mesure qui remettrait à leur place toutes les paires de nénés bien gâtées. Je sais pas si c’était pour rassurer sa délicate amoureuse, qui devait pouvoir dormir à plat ventre sur la soit disant tonicité de sa gorge.

J’en veux à la moi qui a acheté ce manuscrit pensant dans un élan de désespoir qu’elle n’était ni belle, ni géniale, ni intelligente. Serviable, à la limite, je peux le comprendre. Quoi que je pourrais bien te servir un demi en le faisant tenir entre mes deux miens.

Alors arrête de te plaindre.

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Mais, merci pour nous (parce que je compte pas être la seule dans ce pétrin-là), avant que je crame tout, et qu’une odeur de cadavre brûlé envahisse le placard dans lequel je vis, j’ai pris deux minutes pour lire la fin de la leçon, les trois lignes qui ressemblent à une session de rattrapage pour celles qui ont loupé le test.

Le test de Mae West. Si c’est la même que sur Google Image, je me suis doutée qu’elle avait raté le test précédent. Avant de pleurer toutes les larmes de son cœur, de se teindre en noir, et de porter des grands t-shirt trop larges, elle avait du retourner le problème dans tous les sens. Et son crayon à papier aussi.

Elle avait renfilé son soutif qui lui faisait les seins pointus, et glissé son totem à seins fermes entre ses deux atouts. Une fois de plus il n’avait pas bougé d’un téton. Je la vois bien, angoissée, cherchant à tout prix à se rassurer, pov’ fille.

Pov’ fille qui a sauvé notre dignité, en décrétant que si ce crayon à papier qui n’aurait jamais dû quitter son pot, tenait entre ses seins, c’est que son décolleté était parfait.

Alors, à toi, le prochain délicat, qu’on rêvera d’assommer avec un bonnet supérieur au C lorsque tu évoqueras un possible problème de dos, souviens-toi que ce sera sans doute les dernières secondes où tu pourras te noyer dans notre parfait décolleté.

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