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Originaire de Grenoble, Victor Marvillet a posé son objectif à Shanghai il y a quatre ans. Depuis, il sillonne l'Asie à la recherche de brandcontent (Nike, Adidas) et de stories originales pour ses projets personnels. Ces derniers l'ont mené dans une prison à Manille, dans l'univers rugueux du combat de coq, dans un Tokyo nocturne et sado-maso (pour le workshop Magnum Photographie).

Sa story à l'université de Makati propose une plongée froide et inquiétante dans le quotidien d'apparence banal d'étudiants en médecine. L'artiste se distancie d'emblée de son travail : "Il n'y a rien de spécial dans cette série, juste quelques étudiants qui répètent". Pourtant, les images saisissent, tant par leur incongruité que la force du point de vue.

Elles donnent l'impression d'une facilité altière, d'une fluidité nerveuse. Elles entrent tranquillement dans la morbidité de l'ingéniosité humaine : chorégraphier la mort, mettre en scène le sauvetage, prévoir la fin. Leur réalité apparaît pour la première fois, elles sont familières mais inédites.

La force de ce photographe âgé d'une trentaine d'année réside peut-être dans sa distance vis à vis de ses objets. Son oeil, vif, resserré, ne s'autorise pas la sentimentalité. Nous ne serions pas étonnés que Victor préfère l'appétit de la vie à l'empathie. Et que personne ne vienne critiquer cette sublime rime en "i".

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