Voici pour réchauffer vos coeurs en novembre, un petit florilège des groupes aux patronymes à rallonge.

1. Le plus Guinness Book

"We Are More Than A Monosyllabic Band Name, We Are The Peanut Butter Conspiracy Living On, And When The Pawn Hits The Conflicts He Thinks Like A King, What He Knows Throws The Blows When He Goes To The Fight And He’ll Win The Whole Thing Before He Enters The Ring, There’s No One To Battle When Your Mind Is Your Might, So When You Go Solo, You Hold Your Own Hand And Remember That Depth Is The Greatest Of Heights And If You Know Where You Stand, Then You’ll Know Where To Land And If You Fall It Won’t Matter, Because You Know That You’re Right, So Our Manager Told Us That Our Band Name Was Too Long And Difficult To Remember And That We Had To Change It So After A Long Brainstorming Session We Came Up With This One Because All The Other Ones Sucked, So Don’t Be So Humble, You Are Not That Great."

Record est battu, d'emblée. Mais il va falloir composer des chansons pour le valider. Parce qu’on a bien cherché à la rédac’ : hormis un lien mort sur Myspace et des apparitions sur différents forums, rien de rien. Pourtant, ils font du folk à ce qu'il paraît et ont été bannis de Twitter. 140 caractères obligent.

2. Le plus bisounours dépressif

"The World is a Beautiful Place and I am No Longer Afraid to Die"

Un groupe américain d'Emo (métal ouin ouin) qui a sorti son premier album en 2013, assez actif sur la scène américaine, dans la veine Deftones, moins la voix.

http://theworldis.bandcamp.com/album/whenever-if-ever-2

3. Le plus paléontologue

"When People Were Shorter and Lived Near Water"

Des Américains encore et même des New Yorkais. Du rock psychédélico-experimental ayant officié de 1986 à 1996. Plus collectif que groupe, ils se sont distingués en déconstruisant quelques standards, notamment REM, mais aussi les Ruttles (Beattles façon Monty Python) ou Donovan (Mellow Yellow).

4. Le plus nostalgique "The Presidents Of The United States Of America"

Là, je vous parle d'un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre. En 1995, on avait des surchemises à carreaux, des cheveux gras et les Presidents avec leur rock crétin mais jouissif, qui avaient la particularité de jouer de la guitare avec 3 cordes et de la basse à 2 cordes. A noter : comme tout le monde ils ont fait une reprise de « ça plane pour moi » pour percer dans les pays francophones... En vain.

5. Le plus Doctor House (pas la chanson, la série).

"Paracoccidioidomicosisproctitissarcomucosis"

Avoir un nom de groupe constitué d'un ensemble de noms de maladies mis les uns à la suite des autres, n’augure pas une musique cristalline. Ce trio mexicain de "Gore Grind", dérivé du Death Metal, vous ravira avec des chansons en espagnol dans le texte telles que "Zombies Sadomasoquistas" ou encore "Necrosodomisada con tu diarrea en fétida clinica". Tout un programme.

Ne cliquez pas sur le lien suivant, vous risquez de saigner par tous les orifices.

6. Le plus poète maudit

"…And You Will Know Us by the Trail of Dead"

Des texans, d'Austin précisément avec un rock alternatif plutôt péchu et bien troussé, le groupe est connu pour ses prestations scéniques ultra énergiques.

8 albums sont sortis à ce jour dont l'excellent "Source Tags & Codes", un des rares efforts à avoir été crédité d'un 10/10 par le magazine musical Pitchfork.

Pour la peine, un lien avec l'album entier :

7. Le plus montagnard

"Thee silver mount zion memorial orchestra"

Le mont Zion étant le point culminant de Jérusalem, ce groupe est donc logiquement originaire du Canada (ben quoi ?). A la base, 3 transfuges des intrigants "Godspeed you ! Black Emperor" (encore un nom à rallonge ?), ces montréalais nous gratifient d'un post-rock plutôt ombrageux mais très talentueux. A la limite de l'expérimental. Une des têtes d'affiches du festival de la route du rock d'hiver à St Malo, ils y défendront leur nouvel album "Fuck Off Get Free We Pour Light On Everything" sorti en Janvier dernier.

Un petit live avec plein de violons :

8. Le plus armée sous acide

"Colonel Claypool's Bucket of Bernie Brains"

Un des innombrables groupes de Les Claypool (le frontman-bassiste des mythiques Primus), cette fois-ci avec le guitariste Buckethead (un surdoué de la six cordes toujours masqué avec un seau KFC sur la tête) et le batteur Bryan Mantis (Praxis, Gun's Roses version 2000).

Proche du Jazz-rock laissant une part belle à l'impro, les trois surdoués jamment allégrement et leurs concerts sont bluffants de virtuosité.

Un petit live pour psychotroper dans les nuages :

9. Le plus lèche-bottes de coco

"Someone still love you Boris Yeltsin"

Parce que merde, on l'aime bien Boris. Il a fait les mêmes horreurs que Poutine, mais il avait une excuse, il était méchamment bourré.

De la pop chatoyante dans toute sa splendeur : la guitare au son claire, les voix avenantes et lumineuses comme des journées d'été, une batterie aimable comme un vendeur en téléphonie (non quand même pas). Bref une sorte de gros bonbon Haribo de 15 kg bien acidulé. Le risque d’écœurement n’est pas à exclure.

Le joli clip en sucre :

10. Le plus optimiste

"I Love You but I've Chosen Darkness"

On aime Lovecraft, les corbeaux, les chrysanthèmes et un peu le sang mais pas trop ça pourrait tâcher nos pardessus noirs.

Des gros rigolos pour finir, qui pratique un goth-rock au final pas si sombre, lorgnant vers Joy Division comme peut en témoigner le single "according to plan" en 2006 qui fut excellemment bien classé dans les colleges radio US.

Un joli clip animé illustrant un titre instrumental est sorti en 2012 :