Lettres de famille

Cher Gudule

Cher Gudule,
Tu diras que tu es pris en traître, mais c’est faux. Si j’étais traître, je t’aurais donné
cette lettre le 14 février. Sauf que, comme nos voisins du bâtiment A et B
ont préféré se réunir en conseil syndical le jour de la Saint-Valentin, je suis obligée
de me rabattre sur aujourd’hui. Demain on parlera sans doute de la réfection
du toit, des pots de terre de la cour et du taré qui fait pisser son carlin au 3ème.
En même temps nous sommes un mardi, mon jour préféré de la semaine depuis
que Monsieur Lacorde, objet de mes premiers rêves érotiques, m’a donné un
sujet de composition créative sur un voyage de rêve. J’ai raconté comment des criquets
malgaches échappaient au désastre d’une arme atomique. J’ai été privée de cantine.
En même temps c’était le jour du bol de riz, vu qu’on était vendredi Saint.
Quelque chose cloche dans ce souvenir, je cherche encore quoi. Tout ça pour te dire
que j’ai beaucoup réfléchi à ta réponse négative concernant ma première demande
en mariage. Honnêtement, j’ai compris. Le chemin en pétales de rose dans l’appartement
c’était peut-être un peu démonstratif. Le gâteau en forme de cœur et le slip déposé sur ton
assiette, aussi. En même temps trouver un gâteau en forme de cœur au mois de mai relève
de l’exploit. Ensuite j’ai réfléchi à ta réponse négative concernant ma deuxième demande
en mariage. Tu as dit que tu n’étais « pas très famille ».

La suite ici :

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